Terra 28 avril 2016 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

La production ovine face à ses défis

Bien qu'elle ne soit pas dans la même situation de détresse que les filières porcine, bovine et lait, la production ovine reste fragile car encore convalescente. Les défis qu'elle doit relever aujourd'hui sont le prix, la contractualisation et la consommation. Et c'est justement ces thèmes qui ont été abordés lors du congrès national ovin à Saint-Malo, la semaine dernière.

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Lors de son congrès, la Fédération nationale ovine avait choisi d'aborder les débats, sous l'angle du prix, de la contractualisation et de la consommation. © Terra Michèle Boudoin, présidente de la FNO © Terra

"Notre principal combat est bien entendu celui du prix ! Ce prix, il ne se décrète pas, il nous faut le construire ! C'est en travaillant sur la contractualisation, l'adéquation entre l'offre et la demande et enfin la problématique de la consommation que nous pourrons parvenir à nos fins", met en avant Michèle Boudoin, la présidente de la Fédération nationale ovine (FNO). 
Dans d'autres productions, des exemples nouveaux de contractualisation et de segmentation se mettent place. À l'image de la marque "La nouvelle agriculture", née de la volonté d’agriculteurs de l’Ouest de la France de retisser un lien fort et direct avec le consommateur. "Cette marque a d'abord été créée pour le lapin puis le porc, avec un cahier des charges accessible, écrit par les producteurs et une charte de progrès sur le bien-être animal et la démédicalisation", témoigne à ce sujet Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA. 
En production ovine, la démarche "Agneau presto" a permis une nouvelle catégorie de portions ou UVC (unités de vente consommateurs) d’agneau répondant à des critères précis. Cette nouvelle catégorie permet une préparation et une cuisson faciles et rapides apportant la praticité attendue par les consommateurs les plus jeunes, les moins expérimentés en cuisine et ceux qui manquent de temps. "Cette démarche peut permettre de doubler les ventes, et une piste de réflexion serait de faire de l'agneau presto sous signe de qualité", souligne Guy Emeriau, responsable rayon boucherie chez Système U.

Faire faceà la concurrence internationale

Si la conctractualisation n'est qu'un outil parmi d'autres, elle est, avec la segmentation des produits, primordiale pour faire face à la concurrence internationale. Enfin la production ovine doit faire face à un autre défi : celui de la consommation. En effet, la consommation d'agneau ne cesse de reculer (-5 % en 2014). La raison ? "un manque de disponibilités, un prix au détail élevé, et des consommateurs d'agneau de plus en plus âgés", résume Michèle Boudouin. 
Pour Olivier Mével, consultant en stratégie des filières alimentaires, "la solution passera par l'innovation et le collectif, en sachant que le consommateur réclame du conseil et de la précision en linéaire".

Ils ont dit

Michèle Boudoin, présidente de la FNO / On ne peut pas passer sous silence ce fléau bien propre à notre production : le loup ! Le coût total de la prédation par le loup en 2015 s'élève à plus de 20 millions d'euros et au 31 décembre 2015, le bilan des attaques s'élevait à 8 935 victimes pour 2 440 attaques. Nous demandons à ce que le nombre de prélèvements soit porté à 100 contre 36 actuellement.

 

Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA / Il faut changer la façon de construire les prix et la LME. Le low cost crée de la désertification. Il faut que l'on arrive à s'organiser différement (...). Le ministre de l'agriculture nous propose une nuit de l'agroécologie, on aurait préféré une journée de la simplification.

 

Guy Emeriau, responsable rayon boucherie chez Système U région Ouest / Il faut apaiser les clivages. Nous les GMS, nous avons des périmètres d'action, mais on ne pourra pas à nous seuls sauver l'agriculture française (...). C'est par la qualité que l'on maintiendra la consommation, pas par le prix.

 

Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture / On peut me reprocher des difficultés mais aujourd'hui, je veux m'expliquer ! Je ne me défile jamais ! Si je veux avoir la reconnaissance pastorale au niveau européen, cela passe par les difficultés rencontrées aujourd'hui. Tout ce travail que je mène c'est dans l'objectif que l'ensemble des aides PAC 2015 soit versé d'ici la fin de l'été et que la mise en œuvre pour 2016 se fasse dans des conditions habituelles (...) Sur la LME, on va renforcer la loi mais je vous alerte sur le fait qu'intégrer les coûts de production est une fausse solution, ce qu'il faut intégrer, c'est le prix producteur (...) Sur la question du loup, je m'occupe de ce problème depuis 2012, mais il y a deux Everest à franchir : la convention de Berne et la directive Habitats.


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