Terra 20 novembre 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

La transition énergétique au cœur des innovations

Début décembre, Paris accueillera la COP21, la conférence sur les changements climatiques. Qu'elle aboutisse ou non à un accord, la transition énergétique est déjà en marche, comme en témoignent ces start up.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Guillaume Le Grand, Towt, Christophe Goasguen, Imeon Energy, Marco Leto, 3EI, Gauthier Ballan, Compte CO2, et Thierry Pélabon, Pebsco Bretagne.
Guillaume Le Grand, Towt, Christophe Goasguen, Imeon Energy, Marco Leto, 3EI, Gauthier Ballan, Compte CO2, et Thierry Pélabon, Pebsco Bretagne. - © Terra

Méthaniser à la ferme

Pré-diagnostic de faisabilité, construction, maintenance : installée à Brest depuis juin 2013, l'entreprise 3EI propose aux agriculteurs une solution clés en main pour mettre en place une unité de méthanisation. "C'est de la petite méthanisation, particulièrement adaptée à la taille des exploitations bretonnes, qui peuvent ainsi faire tourner leur installation en toute autonomie, explique Marco Leto, le président, qui s'est déjà attaqué à deux autres chantiers. Il faut que le digestat puisse être reconnu comme un fertilisant et non plus comme un déchet, comme c'est actuellement le cas. Et que l'agriculteur puisse, s'il le désire, utiliser le gaz produit par la méthanisation pour alimenter son tracteur". Et pour prouver la faisabilité de ce projet, il s'apprête à faire venir en France un modèle fonctionnant au biogaz.

Consommer son électricité

Basé à Brest, Imeon Energy a mis au point un onduleur capable, grâce à un micro-processeur, de gérer au mieux la consommation d'un bâtiment ou d'une maison en utilisant, selon besoins et disponibilités, l'électricité provenant des panneaux photovoltaïques, des batteries ou du réseau. Et les avantages sont nombreux. "L'utilisateur gère un seul boîtier, énumère Christophe Goasguen. En diminuant le nombre de cycles des batteries, leur durée de vie est multipliée par quatre. Et le rendement est amélioré". Née en 2013, l'entreprise réalise déjà plus de 70 % de son chiffre d'affaires à l'étranger. "En bonne partie parce qu'en France, l'électricité est bon marché, analyse son directeur opérationnel. Mais le prix des installations photovoltaïques diminue. Et, d'ici deux à trois ans, il sera rentable chez nous aussi d'autoconsommer son électricité".

Transporter à la voile

"Les énergies fossiles, c'est fini". C'est en partant de ce constat, un brin abrupt, que Guillaume Le Grand a eu l'idée du transport de marchandises à la voile. Et, depuis 2011, Towt, Trans oceanic wind Transport, trace son chemin. Certes, le coût est plus élevé. "Café, bière, vin ou porto..., ce sont des produits artisanaux ou équitables qui prennent ainsi la mer, détaille Guillaume Le Grand. Et ils sont étiquetés "transporté à la voile, dans le respect de l'environnement"". L'idée ? "Rendre le transport transparent, en permettant au client de suivre le chemin du produit".

Pour démarrer l'activité, Towt a d'abord effectué du transport en propre, en achetant les produits. Mais le transport pour compte tend désormais à se développer. "Et, jusqu'à présent, nous affrétons de vieux gréements". Mais la prochaine étape est ambitieuse, puisque Towt veut maintenant construire un bateau de 60 m, capable de transporter de 850 à 1 100 tonnes et de traverser l'Atlantique. Le projet fédère école d'ingénieurs, architectes, juristes et chercheurs et devrait aboutir, début 2017, à un bateau qui allie coût limité de construction et d'exploitation, fiabilité et vitesse de l'ordre de 11 nœuds.

Valoriser le CO2 non émis

Lancé en 2013 en présence de Michel Rocard et Nicolas Hulot, le compte CO2 a déjà 8 000 titulaires. Son principe ? Les particuliers, factures à l'appui, réduisent volontairement leurs émissions de CO2 sur les deux principaux postes que sont le chauffage et les déplacements. Il peuvent ensuite vendre ces kg de CO2 épargnés à des entreprises qui compensent volontairement leurs émissions ou obtenir des bons d'achat auprès de partenaires, "pour un vélo électrique, par exemple", indique Gauthier Ballan. Deux ans après son lancement, le compte CO2 a déjà permis d'éviter l'émission de 200 000 t de carbone. Et vient d'être généralisé à l'ensemble de l'hexagone.

Stocker ses données en Bretagne

Si les data center sont principalement installés en périphérie des très grandes villes, Pebsco Bretagne a fait un choix radicalement différent, en installant sa solution d'hébergement de systèmes d'information à Brest. "Nous voulions permettre à nos client de venir installer leurs serveurs. Et amener la production informatique au plus près du consommateur", explique Thierry Pélabon, l'un des deux co-fondateurs, qui a également souhaité proposer une solution éco-responsable. Aujourd'hui, ces data center consomment 1 à 2 % de l'électricité mondiale. Ce sera bientôt 20 %". Car les ordinateurs dégagent de la chaleur et l'air des espaces de stockage doit être continuellement refroidi. A Brest, l'utilisation des climatiseurs sera réduite au strict minimum, grâce au free-cooling, qui ventile les salles grâce à l'air extérieur, tant qu'il n'atteint pas les 24°C.

 

info

Les 4 et 5 novembre dernier, le conseil départemental du Finistère a invité des journalistes de la presse internationale et nationale à venir découvrir l'engagement des entreprises en faveur de la transition énergétique.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 19 unes régionales aujourd'hui