Terra 07 septembre 2017 à 08h00 | Par Jean Dubé

La valeur ajoutée est dans l'herbe !

Les éleveurs de l’ouest voudraient bien que leur mode de production à l’herbe soit mieux valorisé. Ils viennent de se regrouper en association pour tenter de faire reconnaître et valoriser les techniques de production liées au pâturage. Ils ont créé une marque "lait de pâturage" et un logo. Ils présentaient mercredi dernier leur démarche.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
L'ambition : créer  une marque qui permettrait de mieux valoriser le lait issu du pâturage.
L'ambition : créer une marque qui permettrait de mieux valoriser le lait issu du pâturage. - © Claire Le Clève

En Bretagne, Normandie, Pays de la Loire, mais aussi dans d'autres régions de France, les animaux laitiers passent en général une proportion importante de leur temps au pâturage. Mais avec l'augmentation de la taille des ateliers, avec quelquefois la robotisation, les difficultés de circulation et tout simplement les contraintes qui sont liées au pâturage, cette pratique tend à diminuer.

Le consommateur de son côté semble demandeur de ce type de production. C'est en partant de ce constat simple que les éleveurs se sont regroupés en association depuis un an environ pour réfléchir à la question de la valorisation des produits laitiers issus du pâturage dans nos régions .

Les éleveurs engagés à titre personnel, mais aussi les chambres d'agriculture, les JA et la FRSEA, le GIE élevage, se sont réunis à plusieurs reprises, ils ont jeté sur le papier les termes d'une convention d'utilisation d'une marque qui a pour objectif de faire reconnaitre les pratiques et le travail des éleveurs.

Un cahier des charges

L'ambition de ces éleveurs est de créer et de mettre à disposition des autres régions mais aussi des transformateurs une marque "lait de pâturage" qui permettrait de mieux valoriser et de conserver cette pratique en la faisant reconnaitre par les consommateurs. Le cahier des charges n'est à ce jour pas définitivement arrêté. L'idée serait de valoriser "le lait de
terrroires où les vaches pâturent en moyenne plus de 150 jours par an, grâce à des prairies accessibles", soit donc une moyenne de 15 ares de prairies minimum par vache.

L'éleveur formulerait une déclaration, sa pratique serait certifiée par un organisme tiers, en l'occurence Certis.

Ce cahier des charges relativement simple est actuellement proposé aux entreprises laitières puisque l'ambition des initiateurs n'est pas de devenir transformateurs ! Quelques contacts ont été pris à l'échelle de la transformation et les entreprises se sont déclarées intéressées par le concept, qui reste malgré tout à construire. Pour les éleveurs, il ne faut pas bouleverser les flux logistiques. L'ambition est de construire une filière "lait de pâturage" en intégrant les contraintes des entreprises pour la partie logistique. Mais suivant le circuit de transformation que prendra ensuite le lait, UHT,
fromage..., les éléments de valorisation seront bien sûr à discuter au niveau de chaque filière et de chaque entreprise.

À ce jour, aucun chiffre n'est cité. Beaucoup reste à construire, mais à l'image de ce qui existe aujourd'hui sur le marché intitulé "lait de montagne", "lait de nos régions", lait d'ici ou d'ailleurs, il existe très probablement la place pour une marque, construite sur un cahier des charges, intégrant des élements précis de production, dans une démarche transparente et valorisante pour toutes les filières.

Valoriser l'acte de production

Pour Marcel Denieul, éleveur et représentant de l'association, "les entreprises ont jusque là surtout travaillé sur la recherche et le développement, sur la praticité, sur le produit final mais jamais sur le produit initial, le lait en lui même". Or, ce peut être un élément de valorisation de l'acte de production, un élément de réassurance pour la filière et surtout un élément de revalorisation pour le travail de l'éleveur.

L'association présentait mercredi son travail. Pour son président, la Région Bretagne est fortement impliquée dans le projet qui voit là une façon de faire reconnaitre des pratiques intéressantes. L'appui de la région sera donc très fort. On pourrait même imaginer que la création d'un élément de différenciation basé sur une approche territoriale puisse être un élément positif de la commande publique.

Dans les prochaines semaines, les contacts vont se poursuivre vers Sodiaal, Agrial, Laïta, ... entreprises qui se sont à ce jour déclarées intéressées. Pour les producteurs, à l'image de ce qui s'est passé dans la filière oeuf avec les normes bien être animal, il ne faut pas attendre et construire d'ores et déjà les bases de cahiers des charges qui identifient et valorisent les pratiques positives des éleveurs, lesquelles méritent d'être reconnues et aidées par le consommateur.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui