Terra 24 mars 2016 à 08h00 | Par Propos recueillis par Guillaume Bourge

La voix de l’Ouest se fait entendre à la FNPL

Dans le contexte de la crise laitière, la parole de la vingtaine de délégués de l'Ouest a nourri les débats de l'assemblée générale de la Fédération nationale des producteurs laitiers à Saint Didier sur Baujeu. La volonté est claire : travailler dans la continuité de la charte laitière de valeurs pour ramener de la valeur ajoutée aux producteurs par le prix du lait.

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Frédéric David (35) © Terra Serge Le Doaré (29) © Terra Frédéric Vincent (49) © Terra

Le programme a donc été construit dans ce sens, avec un débat sur la segmentation et la valorisation de la matière première alimenté par une intervention de Denis Verdier, président de la cave coopérative Costières et Soleil (Générac dans le Gard) et une table ronde intitulée "chaine alimentaire, chaine de valeurs".

L’introduction de Denis Verdier a été riche d’enseignements. On comprend que la concurrence sur le prix pendant 30 ans conduit inexorablement à la perte de valeurs. Il y a toujours quelqu’un de plus compétitif que soi pour nous concurrencer sur nos marchés. Ils ont développé l’export en segmentant et en marquetant davantage leur produit, matière première (exemple : cépages). La qualité du lait, l’alimentation des vaches, les pratiques d’élevage ne sont-ils pas des éléments pour segmenter et rechercher de la valeur ? Des pistes sont ouvertes, il faut maintenant les explorer.

La première journée est surtout marquée par l’intervention des régions. C’est l’occasion pour chacune de rappeler ses positions et de faire des propositions. Frédéric Vincent de la FDSEA du Maine et Loire, Frédéric David de la FDSEA d’Ille-et-Vilaine et Serge Le Doaré de la FDSEA du Finistère sont intervenus au nom de la région Ouest.

Questions à...

 

Frédéric David (35) - "Nous pensons que la coopÈration doit Ítre la locomotive sur le prix"

Quelles sont les pistes que l’Ouest a mis en avant pour sortir de la crise ?

Nous attendons d’abord un retour sur le prix. Avec le travail syndical de ces 6 derniers mois, notamment vis-à-vis de la distribution, et avec la "Charte laitière de valeurs" de la FNPL, nous avons fait le travail pour les entreprises ! Nous demandons un retour. Et nous pensons que la coopération, en particulier, doit être la locomotive sur le prix. Mais on le sent bien, ça va être dur. C’est pour ça que nous poussons l’idée de la contractualisation tripartite ou encore d’un fonds conjoncturel à l’image de ce qui est en train de se construire en filière porcine. Et si ça ne suffit pas, nous imaginons un plan "B" qui court-circuiterait les transformateurs pour nous faire directement bénéficier d'une plus-value franco-française ! Un important travail est également à engager sur
la LME.

 

Serge Le Doaré (29) - "Faire en sorte que contractualisation ne rime plus avec intÈgration"

Comment avez-vous abordé la question de la contractualisation ?

Inutile de tourner autour du pot, les producteurs ne pèseront que s’ils sont unis et organisés. Les producteurs doivent se grouper de façon à peser face aux transformateurs. Cela passe automatiquement par la mise en place d'OP et d’AOP territoriales puissantes, représentant la majeure partie des producteurs. L'OP doit être l'intermédiaire incontournable de la contractualisation entre la laiterie et les producteurs, c'est à dire que le contrat soit obligatoirement un contrat collectif tripartite. En un mot, tout doit être mis en œuvre pour que l'organisation de producteurs soit en mesure de négocier les contrats avec les transformateurs, pour faire en sorte que contractualisation ne rime plus avec intégration.

 

Frédéric Vincent (49) - "La crise ne peut être supportée  à 100 % par les Èleveurs"

Sur quels thèmes majeurs la région Ouest s’est-elle exprimée devant le Congrès de la FNPL ?

Nous avons fait une intervention dure, à l’image de la situation des producteurs ! Après une année de dégringolade des prix du lait, des mois de mobilisation intense dans de nombreux départements et surtout, l'absence de perspective positive pour l'année 2016, la tension était très forte. Le thème global était "être un producteur dans un monde de contraintes et sans prix !". En effet, le monde a changé, nous subissons de plein fouet la libéralisation du marché, mais on n’a pas donné au producteur les moyens de s’y adapter. La crise ne peut être supportée à 100 % par les éleveurs. Tout le monde doit faire des efforts, les laiteries, comme les organismes qui nous entourent. Des structures qui devraient être au service des éleveurs et non les éleveurs au service des structures…


 

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