Terra 09 décembre 2016 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Laïta campe sur ses positions

Le face à face entre les représentants de Laïta et les producteurs de la FDSEA-JA n'a pas abouti. La quarantaine de manifestants venus réclamer une augmentation du prix du lait en fin d'année et des réponses aux producteurs LNA sont repartis déçus.

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Jeudi 1er décembre, discussion entre les représentants des coopératives et de la FDSEA. (gche à droite) Georges Galardon, président de Triskalia, Roger Laurent, président de la section lait Triskalia, Pascal Allo, responsable région, Guy Le Bars, président d'Even, Hervé Moël, président de la section lait FDSEA et Yves Bazy, secrétaire général.
Jeudi 1er décembre, discussion entre les représentants des coopératives et de la FDSEA. (gche à droite) Georges Galardon, président de Triskalia, Roger Laurent, président de la section lait Triskalia, Pascal Allo, responsable région, Guy Le Bars, président d'Even, Hervé Moël, président de la section lait FDSEA et Yves Bazy, secrétaire général. - © terra

Vous avez les moyens de nous faire un mois de décembre plus correct", lance un éleveur de lait à Guy Le Bars, président d'Even et Georges Galardon, président de Triskalia. Presque deux heures de pourparlers avec les dirigeants des coopératives du groupe Laïta, n’ont apporté aucune réponse satisfaisante aux demandes des producteurs FDSEA et JA mobilisés jeudi 1er décembre à Créhen sur le site industriel.
Prix du lait : Un effort sur décembre ?
La première des revendications porte sur l'augmentation en décembre du prix du lait payé au producteur en lien avec l'amélioration des marchés et du prix du lait spot." Le marché du lait reprend. La trésorerie a mal, nous sommes demandeurs et vite d'un meilleur prix sur décembre. Agrial, Lactalis ont fait des petits efforts ", s'indigne Yves Bazy, secrétaire général de la FDSEA, inquiet du manque de réactivité et de l'écart de prix entre la France et les pays du nord de l'Europe.
En réponse, Guy Le Bars rappelle que la décision d'augmenter le prix du lait remonte à début octobre où il a été acté par Laïta un prix de base de 280 euros/1000 litres sur le dernier trimestre 2016 (septembre 270 euros, novembre 280 euros et décembre, 290 euros). Selon le président d'Even, en terme de valorisation du lait, il ne faut pas se borner à la remontée des cours des produits industriels et qu'il existe en Europe 375 000 tonnes de stock d’intervention de poudre de lait écrémé à relarguer. Ses prévisions, fortement modérées pour le début d'année 2017, sont loin des attentes des éleveurs. "275 euros n'est durable pour personne, nous sommes en crise. Nous espérons pour janvier-février mettre un trois devant deux zéro", déclare-t-il prudent. Et de rappeler le système en place chez Laïta. "Ce n'est qu'en fin d'année laitière que le volume B est réalisé avec un prix du lait B fixé sur l'ensemble des 12 derniers mois. A ce jour, la tendance du B pour les mois de février/mars 2017 serait de 230 - 240 euros/1000 litres ". Des annonces difficiles à entendre pour les producteurs mobilisés pour qui les chiffres annoncés sont bien loin du compte.

Les éleveurs devant l'usine Laïta à Créhen.
Les éleveurs devant l'usine Laïta à Créhen. - © terra

LNA : une situation dans l'impasse
La seconde revendication concerne l'équité de traitement des producteurs apporteurs LNA. "510 producteurs sont traités de façon inégale. Trop c'est trop ! Il va falloir aller plus loin", s'énerve Yves Bazy, producteur de lait LNA. Sur cette question, Guy Le Bars a confié qu'il s'agissait d'"un échec personnel" pour lui et le conseil d'administration dans ce dossier non résolu encore aujourd'hui. Depuis deux ans qu'Even et Triskalia échangent, "nous n'avons pas trouvé de formules d'entente", reconnaît le président d'Even à demi-mot. Il a souhaité toutefois rassurer les éleveurs LNA qu'il n'y aurait pas d'arrêt de la collecte en cas de situation tendue : " N'ayez aucune crainte, même si cela va mal, les investissements sont faits en Côtes d'Armor". Dans l'assistance, les producteurs LNA mécontents dénoncent une organisation "bancale" de Laïta, et si certains demandent la création d'une "coopérative Laïta" ; d'autres ne cachent pas leur souhait de s'organiser collectivement (sous forme d'OP ou de coopérative...) pour faire pression sur le groupe.
"Des suites seront étudiées par la section Lait de la FDSEA22 pour continuer la pression sur Laïta", a annoncé le syndicat.

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