Terra 20 avril 2017 à 08h00 | Par Chantal Pape

Le Caté teste les serres de demain

Des serres de 7 mètres de haut, capables de déshumidifier, réchauffer ou refroidir l'air ambiant ? Si les serristes en rêvent, pour gérer au plus juste l'ambiance autour de leurs cultures, la station expérimentale du Caté, à Saint-Pol-de-Léon, en a construit une, pour vérifier la pertinence de tels équipements sous le climat breton.

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Dans la nouvelle serre semi-fermée du Caté, des gaines d'aération distribuent l'air sous chaque rang de tomates.
Dans la nouvelle serre semi-fermée du Caté, des gaines d'aération distribuent l'air sous chaque rang de tomates. - © Terra

"Les anciens compartiments étaient un peu dépassés". Le 12 avril dernier, la station expérimentale du Caté, à Saint-Pol-de-Léon (29), a profité de son assemblée générale pour inaugurer ses nouvelles serres. Le saut technologique est impressionnant, la hauteur sous chéneaux atteignant désormais 7,30 mètres.

Dans cette serre semi-fermée, l'aération en toiture est remplacée par des ouvrants latéraux. Et un corridor climatique permet de déshumidifier et de réchauffer ou refroidir l'air, selon la saison, avant de l'injecter dans le compartiment de culture via des gaines de distribution implantées sous chaque rang de tomates. "Ce système permet d'avoir 5 à 6 fois plus de renouvellement d'air", indique Michel Le Roux, le directeur du Caté. Et distribuer un air plus sec permet d'importantes économies d'énergie, puisqu'on estime que, dans les serres actuelles, un tiers du chauffage sert à gérer l'humidité de l'air.

Produire toute l'année

Mais si ces serres semi-fermées sont déjà largement implantées dans le sud de la France et en Californie, pour leur capacité à refroidir l'air en été, il reviendra au Caté de chiffrer leur intérêt sous notre climat breton, plus tempéré. "Nous allons la comparer à un second compartiment doté d'équipements plus limités, avec une capacité de renouvellement d'air moindre, et à un troisième, en aération traditionnelle et doté d'un déshumidificateur d'air". Un projet fédérateur puisque les quatre groupements bretons, Sica, UCPT, Savéol et Solarenn y ont planché de concert avant de financer plus de la moitié de l'investissement, qui avoisine les 1,6 million d'euros.

"Nous allons aussi en profiter pour tester un éclairage mixte, lampes à vapeur de sodium et Led, afin de produire des tomates toute l'année. Et nous étudierons l'intérêt de la récupération de la chaleur émise par les lampes à vapeur de sodium dans une serre semi-fermée".

Anticiper

"Si le Caté se fixe pour objectif d'aider les producteurs à rechercher la compétitivité, nous travaillons aussi à conforter l'image du produit, dans le respect de l'environnement, détaille Jean-Denis Crenn, son président. Et nous devons anticiper les évolutions de la consommation". Ainsi, des essais sont actuellement menés sur la conservation du potimarron, une culture qui a connu un grand essor dans la zone légumière ces dernières années.

Moins de phytos

Engagé dans le programme Dephy écophyto, le Caté planche aussi sur la réduction des traitements phytosanitaires. En culture d'échalote, il mise sur de nouvelles variétés résistantes, produites par l'OBS, mais aussi sur la mise au point de nouveaux OAD, outils d'aide à la décision. "Un capteur de spores, implanté dans les parcelles, devrait permettre d'intervenir précisément au début des attaques, ce qui éviterait de multiplier les applications". Mené avec Vegenov et la chambre d'agriculture, ce projet s'étalera sur trois ans.

En culture de champignons, l'enjeu porte sur les pains de culture, au sein desquels il faut faciliter le développement des "bons" champignons tout en bloquant celui des champignons antagonistes. "En pépinière ornementale, aussi, nous travaillons sur la réduction des phytos", rajoute Michel Le Roux. Des stimulateurs de plantes sont ainsi testés. "Un meilleur enracinement des plantes les rend moins sujettes aux maladies".

Le Caté en chiffres

12 ha de plein champ (chou-fleur, artichaut, échalote, brocoli, endive, oignon, salade...),

4 000 m² de serres verre (tomate, fraise, mini poivron...),

5 000 m² d'abris plastique (fleurs coupées, horticulture),

22 équivalents temps plein,

1,7 million d'euros de budget, dont 40 % financés par la profession agricole : 1,2 million d'euros pour les légumes, 0,4 pour l'horticulture et 0,1 pour les champignons (shii také, pleurote, pholiote du peuplier).

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