Terra 19 septembre 2013 à 14h04 | Par Chantal Pape

Le contrat de commercialisation en porcs, une solution ?

Lait, bovins, volailles, ovins... : peu à peu, les contrats de commercialisation se mettent en place en agriculture. Auront-ils demain leur place en production porcine ?

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De gauche à droite : Jean-Yves Connault, directeur d'Ovi-Ouest, Daniel Picart, président du Marché du porc breton, 
et Estelle Antoine, Ifip.
De gauche à droite : Jean-Yves Connault, directeur d'Ovi-Ouest, Daniel Picart, président du Marché du porc breton, et Estelle Antoine, Ifip. - © Terra

Aux Etats-Unis, 70 % des porcs sont vendus par contrat, 80 % en Angleterre, 90% en Italie... Des contrats individuels ou via un groupement de producteurs, sur une durée de 3 mois ou 5 ans, avec un prix qui tient compte ou pas du coût de production... Pour tenter d'y voir plus clair, l'Ifip a ciblé l'une de ses rencontres du Space sur les contrats de commercialisation. Et demandé à la filière ovine de venir partager son expérience.

 

Une rÈalitÈ pour les ovins

"Aujourd'hui, en France, le taux d'autosuffisance atteint à peine les 50 %", rappelle Jean-Yves Connault, directeur d'Ovi Ouest, un groupement de producteurs basé à Noyal sur Vilaine (35). C'est pour tenter de relancer la production que l'interprofession s'est penchée sur la contractualisation. "Il fallait relancer la technique, puisque la productivité varie de
0,4 à 2 agneaux par brebis et par an. Mais aussi consolider le revenu des producteurs et renforcer les OP". La filière a donc profité de la mise en place de l'aide ovine pour la majorer de 3 €/brebis quand l'éleveur contractualise au moins la moitié de ses agneaux auprès d'un maximum de trois opérateurs. "Sur les 23 000 éleveurs professionnels français, 15 000 touchent la majoration, dont 10 000 sont adhérents à une OP".

 

Trop tÙt pour les porcs ?

"Le contrat de commercialisation garantit un débouché au producteur, un approvisionnement à l'acheteur. Et permet aux deux parties de couvrir le risque prix", détaille Estelle Antoine, de l'Ifip. Avec la fin des quotas, la filière lait se lance dans les contrats, une réalité que connaît la filière avicole depuis longtemps, via l'intégration verticale.

"En France, la majorité de la production porcine est issue d'élevages naisseurs-engraisseurs. Les ventes ont lieu régulièrement et les prix sont lissés". Faut-il y voir l'une des raisons qui explique que les contrats y aient peu pris ? "Nous avons lancé le marché à livraison différée, rappelle Daniel Picart, le président du Marché du porc breton. Mais le prix se rapprochait tellement du prix spot que, peu à peu, les éleveurs s'en sont désintéressés".

Pour que les contrats puissent fonctionner entre producteur et abatteur, il faudrait aussi que ce dernier puisse contractualiser avec les salaisonniers. "Or, la réalité du commerce, c'est un marché à la semaine", constate un abatteur, qui demande une "vraie" cotation des pièces. "Actuellement, le sport des salaisonniers, c'est d'imposer la cotation de Rungis... moins 0,15 ou 0,23 €".

"La violence des marchés est inouïe, constate Daniel Bellec, directeur de Syproporcs. Pour un élevage de 250 truies, 30 % de variation sur le prix de l'aliment ou de vente des porcs se traduit sur le résultat par plus ou moins 150 000 € ! Nous avons le devoir d'innover". Un avis que partage Francis Amand, médiateur des contrats au ministère de l'agriculture. "Le contrat est une garantie pour le maillon production, plus faible. Il faut continuer à y travailler".

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