Terra 14 juillet 2017 à 10h00 | Par Claire Le Clève

Le Fédé Tour pour débattre et échanger en toute convivialité

Un syndiqué et un non syndiqué. C’est la parité instituée pour ce nouveau Fédé Tour qui s’égraine depuis juin en dix rendez-vous dans le Morbihan. Mercredi dernier, il a fait halte à Guénin où une quarantaine d’agriculteurs ont débattu, échangeant sur leurs attentes et l’actualité, dense. Instantanés.

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Au coté de Marie-Andrée Luherne, Gwénaël Corbel, responsable cantonal du secteur de Baud et Locminé
Légende Au coté de Marie-Andrée Luherne, Gwénaël Corbel, responsable cantonal du secteur de Baud et Locminé - © Claire le Clève

 

"C’est convivial, on est entre nous et là pour vous écouter", préviennent Gwenaël Corbel et Serge Le Mouellec, responsables cantonaux de ce secteur de Baud et de Locminé qui accueille, en ce 5 juillet, la huitième halte du Fédé Tour 2017. La fraîcheur qu’offre l’ombre du hangar d’Adrien Guégan, à Guénin, est la bienvenue en ce mercredi, caniculaire. Et après le traditionnel casse-croûte, vient le temps du débat et conjoncture oblige : "On attend toujours que le prix monte en lait. Sodiaal, Lactalis, ce ne sont que des copieurs", se désespère l’un des participants. Guillaume, lui, s’est installé en 2013, il avoue se poser des questions. "Je n’ai jamais été syndiqué, mes parents non plus. Je ne vois pas le but d’un syndicat".

Adhérer

"C’est un appui individuel et collectif", lui répondra Marie-André Luherne, présidente de la section lait de la FDSEA du Morbihan, venue présenter le fonctionnement et l’actualité du syndicat . "Dire qu’on a évité le pire, ce n’est pas vendeur mais c’est une réalité", insiste-t-elle. Gilles, de Moustoir-Remungol, est un nouveau venu. "Je viens de prendre ma cotisation, je suis curieux de savoir ce que fait le syndicat local. Je ne suis pas toujours d’accord avec la FNSEA", avance-t-il. "Vous avez la main pour organiser le dynamisme des cantons, allez-y", encourage la présidente de la section lait. Parce qu’on est passé le voir, Erwan, est devenu un nouvel adhérent, "pour défendre le métier oui mais aussi défendre le revenu", insiste cet éleveur laitier. "La guerre entre syndicats, j’ai du mal à digérer ça", enchaîne un autre. "Il y a du travail pour tout le monde", temporise Marie-Andrée Luherne.

Et cotiser

Quant à la cotisation et son intérêt, les avis sont bien tranchés pour promouvoir le nerf de la guerre. "Il faut donner à ceux qui nous défendent le moyen de faire le boulot. 180 euros, oui c’est une charge mais c’est nécessaire. C’est aussi un réseau de solidarité. Et quand il y a des acquis, tout le monde en profite", estime Alain Leroux, éleveur, convaincu. Une source qui représente 50 % des moyens du syndicat, "dont dépend notre efficacité mais aussi notre crédibilité en terme d’adhérents", dont Marie-Andrée Luherne , rappellera les enjeux . Et pour Simon Le Badézet, éleveur de porcs et poules pondeuses, à Pluméliau, "la première mobilisation, c’est de payer sa cotisation. Les syndicats, ça devrait être obligatoire quand on voit les acquis. Les 10 points de charge en moins, gagnés en deux fois, ça paye largement ma cotisation !".

Actualités

Et il y a les préoccupations du moment qui sont évoquées, "Nicolas Hulot, ministre, il va falloir être costauds" et encore "l’association L214... l’intrusion... les images truquées, déviées... des cas particuliers dont on fait une généralité… discréditer l’agriculture", évoquent tour à tour les participants démunis. "Nous devons apprendre à communiquer et ne pas aller au conflit, ce serait leur donner encore plus de visibilité. Leur but, c’est l’arrêt de l’élevage", rappelle Marie-Andrée Luherne. Et la responsable de la section lait d’inventorier les dernières actions menées, notamment sur le lait… "Pour nos coop, prolongement de nos exploitations, le préfet nous rétorque de mettre les bonnes personnes au bon endroit". "On continue à mettre la pression, sur un prix trimestriel, une fourchette de 330-340 euros pour juillet". Reste une baisse de la production de 5 à 6 % en France, "on est en décroissance laitière". Quant à la grande distribution, "ils se disent prêts à renégocier les contrats, encore faut-il se donner la peine d’y aller". Sur l’action Manger français, "on sera au festival Interceltique de Lorient". Pour la valeur ajoutée, "et sa répartition équitable au long de la filière, c’est tout l’enjeu des prochains États généraux de l’alimentation", dont la tenue repoussée après la mi-juillet…

Ce Fédé tour s’est achevé en début de semaine à Langonnet puis Persquen, avec autant de débats et d’échanges.

Claire Le Clève

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