Terra 10 juillet 2014 à 08h00 | Par Actuagri

Le marché des céréales sera bien approvisionné

A moins d’évènements climatiques exceptionnels ou d’une dégradation de la situation géopolitique en Ukraine, le monde ne manquera pas de céréales en 2014 et les prix devraient être plutôt orientés à la baisse. Après une année 2013 record, 2014 s’annonce dans la continuité de 2013.

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Alors que la récolte est à peine commencée dans l’hémisphère nord, ces estimations restent conditionnées à l’occurrence d’événements climatiques exceptionnels, comme El Nino.
Alors que la récolte est à peine commencée dans l’hémisphère nord, ces estimations restent conditionnées à l’occurrence d’événements climatiques exceptionnels, comme El Nino. - © Terra

Selon les estimations du Conseil international des céréales du 26 juin dernier, la production mondiale de céréales a atteint un niveau historique de 1,98 milliard de tonnes en 2013. Comme d’ailleurs les échanges qui ont dépassé le seuil de 300 millions de tonnes (152 Mt pour le blé et 118 Mt pour le maïs). La forte production de 2013 a permis à la fois de satisfaire la croissance des besoins mondiaux et de reconstituer les stocks. Selon Coop de France, 2014 ne s’annonce pas sur les mêmes niveaux de production, mais les disponibilités devraient être abondantes, en tout cas supérieures à celles de l’an passé. Malgré une légère diminution attendue de la production, celle-ci devrait rester supérieure à la consommation.

Les stocks s'alourdissent en maïs

Conséquence, les stocks devraient continuer à augmenter atteignant leur plus haut niveau depuis 15 ans. C’est essentiellement en maïs que la situation devrait s’alourdir. En blé, les stocks à l’issue de la campagne 2014/2015 devraient rester à un niveau comparable à cette campagne. Pour l’orge en revanche, le stock devrait rester très bas. Alors que la récolte est à peine commencée dans l’hémisphère nord, ces estimations restent conditionnées à l’occurrence d’événements climatiques exceptionnels, comme El Nino. A ce stade, "son impact est peu important", estime Anne-Laure Paumier, adjointe à la Direction de Coop de France métiers du grain. Ses effets potentiellement négatifs pourraient néanmoins se faire sentir à l’automne sur la production de blé en Australie et celle de maïs dans le sud-est des Etats-Unis.

L'Ukraine, 1er fournisseur de l'UE en maïs

Quant à l’Ukraine, en proie avec des difficultés politiques, elle est attendue au rendez-vous sur le marché du maïs. Certes, les difficultés d’accès aux moyens de production pour les agriculteurs (semences notamment) auront probablement des impacts négatifs sur le volume de production. Néanmoins, le pays devrait disposer de suffisamment de marchandises au cours de la campagne prochaine et rester le premier fournisseur européen de l’Union européenne, en maïs, selon Coop de France métiers du grain.

Des prix plutôt orientés à la baisse

Au final, le marché des céréales devrait être bien approvisionné, en blé comme en maïs, lors de la prochaine campagne et soumis à une forte concurrence entre les exportateurs pour écouler leurs disponibilités. Conséquence : les prix devraient être plutôt orientés à la baisse, à moins d’évènements climatiques exceptionnels. A ce stade, il n’est pas exclu que l’Union européenne soit en mesure d’introduire des taxes sur les importations de maïs à l’automne pour protéger son marché intérieur.

Fermeture des voies ferrées

Les métiers du grain déplorent la fermeture des voies ferrées "capillaires", celles qui assurent la liaison entre les sites de chargement isolés et les lignes principales. Décidé, il y a 40 ans, l’allègement, voire l’abandon de l’entretien des lignes secondaires du réseau ferroviaire commence à produire ses effets négatifs. Selon Coop de France, ce sont 1 800 km environ de lignes capillaires qui pourraient être progressivement fermées à partir de cette année. Faute de rail, les flux de grains vont être immanquablement réorientés vers la route. Selon une enquête réalisée auprès de ses adhérents, Coop de France métier du grain estime à 2,1 millions de tonnes de grains qui pourraient être transférés du fer vers la route. Actuellement transportés par 1 600 trains, ces flux mettraient sur route 82 000 camions de plus par an, soit l’équivalent d’une file ininterrompue de poids lourds de Barcelone à Amsterdam et 64 000 tonnes de plus de CO2 dans l’atmosphère.

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