Terra 18 mai 2017 à 08h00 | Par Pascaline Leygnac, FRSEA Bretagne

Le préfet de Bretagne reçoit les agricultrices de la FRSEA

Les agricultrices de la FRSEA Bretagne ont sollicité une rencontre avec le préfet de région, Christophe Mirmand, afin d’échanger avec lui sur la situation dans les campagnes et porter la parole des agricultrices comme elles l'avaient déjà fait l'été dernier. Le préfet s’est montré très à l’écoute pour une situation qui ne s’est guère améliorée depuis !

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La délégation d'agricultrices de la FRSEA Bretagne a été reçue par le préfet de région Bretagne, Christophe Mirmand.
La délégation d'agricultrices de la FRSEA Bretagne a été reçue par le préfet de région Bretagne, Christophe Mirmand. - © Terra

Une délégation de quatre agricultrices représentant les quatre départements bretons : Agnès Kerbrat du Finistère et présidente de la section régionale agricultrices, Marie-Hélène Briand des Côtes d’Armor, vice-présidente, Sandra Gay et Roseline Mahé, respectivement présidentes des commissions départementales agricultrices des FDSEA du Morbihan et d’Ille et Vilaine, accompagnées du président de la FRSEA Bretagne, Thierry Coué, ont été reçus en préfecture ce vendredi 5 mai. Fières d’être agricultrices, de leur parcours de cheffes d’entreprises, elles sont pourtant très inquiètes et ont porté avec conviction le cri d’alerte des agricultrices qu’elles rencontrent et de celles qui ont témoigné dans le recueil qu’elles ont transmis au préfet : "Je me sens comme une femme à la guerre !". Ces témoignages, plus poignants les uns que les autres, révèlent le sentiment de nombreuses agricultrices aujourd’hui : "Combien de temps on va tenir ?".

Nous avons besoin de réponses concrètes

Agnès Kerbrat insiste : cette détresse, elle a besoin d’être prise en compte. "Nous avons besoin de réponses concrètes !", Sandra Gay a témoigné : "Aujourd’hui, la plupart des éleveurs laitiers vivent sur leurs économies, celles qui devraient normalement servir pour la retraite, pour les projets ! Ce n’est plus acceptable". "Mars, avril, mai... ce sont les mois les plus critiques, précise Thierry Coué... avec les avances en terre...".

Le "Pass’avenir", cofinancé par la Région et l’Etat, qui propose aux exploitants de réaliser un diagnostic va bientôt être lancé. Pour le préfet, il doit permettre d’accompagner les personnes en difficultés. Les mesures de restructuration bancaire issues de plan de soutien à l’élevage, dont le délai sera probablement à nouveau repoussé, la garantie des prêts par la BPiFrance, ont quant à elles très peu été sollicitées au niveau de la Bretagne ! Un numéro vert existe pour les personnes en difficultés ou celles qui détectent des difficultés dans leur entourage : il faudra mieux communiquer dessus !

L'agriculture va mal et en plus on nous enfonce !

De nombreux sujets ont été évoqués : conjoncture économique, mais aussi, difficultés administratives, relations avec les concitoyens, communication sur le métier, sécheresse, "L’agriculture va mal, et en plus on nous enfonce !". La quantité de démarches administratives, leur complexité, mais aussi les dysfonctionnements, trop nombreux, des applications deviennent insupportables. "La prime d’activité, c’est trop compliqué. Ça devrait être plus simple comme c’était le cas avec la prime pour l’emploi !". En parlant des versements des aides PAC, Roseline Mahé insiste : "Il est indispensable que l’administration respecte les calendriers qu’elle annonce. Comme tout chef d’entreprise, nous faisons des prévisionnels. Les délais non tenus nous mettent encore plus en difficultés !". Idem pour l’aide de trésorerie lait de 1 000 euros que certains ne se verront versée qu’en septembre. S’inquiétant des délais de paiement suite au délai accordé pour la réalisation de la déclaration PAC, pourtant nécessaire, le préfet répond : "Les instructions du ministre ont été très claires : cela ne change rien sur les délais d’instruction !". Toutes ces démarches complexes et nombreuses sont chronophages et coûteuses. Le recours à des organismes de services devient quasi indispensable !

Besoin de communiquer !

Les agricultrices sont très sensibles également à la pression incessante qu’elles subissent de la part des associations environnementalistes, des mouvements vegans, des associations de voisinage. "On oppose sans cesse les bio, vertueux, et les conventionnels, pollueurs ; les circuits courts et les circuits longs, précise Marie-Hélène Briand, on se sent montrés du doigt !". Même dans les manuels scolaires, la présentation de l’agriculture productiviste est désastreuse reconnait le directeur de la Draaf Bretagne... Monsieur Mirmande, très à l’écoute, suggère : "Vous devez montrer les efforts faits qui vont à l’encontre des idées reçues ! [...] Montrez par exemple que la profession agricole est la plus contrôlée". Il précise aussi qu’il prendra contact avec l’inspecteur d’académie pour faciliter l’ouverture des établissements scolaires aux exploitations agricoles. L’opinion publique a été un soutien dans l’avancée sur l’étiquetage et sur l’expérimentation française, mais Thierry Coué considère que sans contrôle, elle n’ira jamais jusqu’au bout ! Le préfet retient.

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