Terra 16 juin 2017 à 10h00 | Par Claire Le Clève

Le salariat progresse dans les exploitations

Les besoins sont là. Près de 10 % de salariés supplémentaires à plein temps en trois ans, le salariat progresse dans les exploitations morbihannaises. Pour quelles attentes, avec quels accompagnements et dans quelles perspectives ? Le débat a été posé le 6 mai dernier, lors de la journée pour l’emploi, avec Jérôme Volle, président de la commission employeurs de la FNSEA.

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Sont intervenus lors de la table ronde, Laurent Kerlir, Jérôme Volle, Pierre-Yves le Bozec, Thomas Guégan, Daniel Audo et Frank Guéhennec
Sont intervenus lors de la table ronde, Laurent Kerlir, Jérôme Volle, Pierre-Yves le Bozec, Thomas Guégan, Daniel Audo et Frank Guéhennec - © Claire Le Clève

 

 

"Attirer, accueillir, accompagner pour favoriser l’emploi en agriculture et répondre aux besoins croissants de main d’œuvre qualifiée", c’est autour de ces trois axes que rappellera Frank Guéhennec, président du CDEA, que s’organise l’action du comité départemental de l’Emploi *. A son actif, cette journée annuelle permettant de faire le point sur l’activité des structures, l’AEF et Seremor-Solutis emploi (lire terra du 2 juin en page 16), qui font de l’emploi leur raison d’être.

Des offres mais peu de demandes

Si le nombre d’employeurs s’est à peine réduit de 1 %, la part du salariat équivalent plein temps a bondi de 10 % de 2012 à 2015, reflétant un besoin croissant de main d’œuvre pour faire face à l’augmentation de la charge de travail. Avec de nouveaux arrivants dans ce paysage, "des gens qui ne viennent pas du milieu agricole, et on en a besoin", ponctue Jean-Claude Foucraut, président de l’AEF, soulignant la croissance de 7 % des offres d’emplois en 2016, dans "un marché dynamique". Si 82 % des offres ont été pourvues, "leur adéquation avec les demandes est difficile à satisfaire en raison du manque de candidats, notamment en production porcine", constate Jean-Claude Foucraut. Et plus du tiers des placements réalisé par l’AEF concerne des débutants dans le métier. Activité également soutenue pour le Sérémor avec 20 240 journées de remplacement effectuées à 67 % en raison d’accident, maladie ou décès, tandis que le service de groupement d’employeurs Solutis poursuit son développement."Le pont entre les deux structures créé un outil d’interventions multi-compétences", défend Jérôme Volle, responsable de la commission employeurs à la FNSEA.

Attractivité et formation

Attirer, accueillir, accompagner... Comment mieux relever tous ces défis, la question introductive de la table ronde interpelle."Les chambres d’agriculture ont fait le choix d’avoir leurs propres centres de formation, c’est essentiel pour acquérir les bons gestes. Nous allons rénover celui de Kérel", confirme Laurent Kerlir, président de la chambre consulaire du Morbihan qui, sur l’aspect attractivité, insiste sur le levier apprentissage et les besoins de formation au management. Car "le jour où on doit embaucher un salarié, on n’a pas la formation de la gestion de la ressource humaine", renchérit Jérome Volle qui revendique "un droit à l’erreur sans pénalité mais qui n’est pas un droit à tout faire". Quant à l’apprentissage, "on doit avoir un schéma dérogatoire pour pouvoir laisser les jeunes de 14-15 ans toucher au quotidien de l’exploitation", plaidera Jérôme Volle au cours des débats où l’accent sera mis sur l’insertion et la reconversion vers les métiers de l’agriculture. 3C’est à développer. Ce peut être un nouvel élan pour tout une population péri-urbaine, ou peu diplômée".

Claire Le Clève

 

 

 

*Le CDEA regroupe la FDSEA, la Chambre d’agriculture, Jeunes agriculteurs du Morbihan, l’Association Emploi Formation (AEF), Le service de remplacement du Morbihan et d’emplois partagés Seremor-Solutis emploi.

En chiffres

Les exploitations morbihannaises professionnelles étaient au nombre de 6 780 en 2015 pour 14 572 actifs dont 8 465 chefs d’exploitations, 468 conjoints collaborateurs, 291 conjoints exploitants salariés de l’exploitation, 17 aides familiaux et 5 331 salariés ETP employés par 3 117 employeurs. Le salariat en ETP progresse, + 9,6 % depuis 2012 sur les 12 243 salariés dont près de 30 % sont des femmes. 50 % des contrats concernent des salariés de moins de 40 ans. Le secteur recrute avec 262 nouvelles offres d’emploi déposées à l’AEF, pourvues à 82 %, ce malgré les 322 demandes d’emploi enregistrées (dont 62 % en élevage machinisme). A noter que 1 543 salariés bénéficient des avantages du Cossa, l’un des quatre collectifs agricoles de France, avantages qui varient de 50 à 600 euros suivant les bénéficiaires.

 

 

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