Terra 23 décembre 2014 à 08h00 | Par E.Le Corre

Le secteur du maraîchage propose aussi des postes à responsabilités...

Le nombre de salariés ayant occupé un poste en production agricole est en augmentation de 2% sur 2013. "Il existe des métiers qualifiés dans tous les secteurs. Même en maraîchage", a tenu à rappeler l'AEF des Côtes d'Armor. L'exemple de Marie Igigabel, jeune femme chef de culture sous serre depuis plusieurs années.

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Le producteur de tomates Alain Even et Marie Igigabel, chef de culture depuis octobre 2013.
Le producteur de tomates Alain Even et Marie Igigabel, chef de culture depuis octobre 2013. - © terra

18 611 salariés ayant occupé un poste en 2013 en production agricole étaient recencés dans les Côtes d'Armor, un bilan en hausse de 2%. Les chiffres de l'emploi ont été présentés par l'AEF 22, l'association emploi-formation. Le nombre de salariés augmente dans la plupart des secteurs d'activité : +13,9% en cultures et élevages non spécialisés ; + 13,2% en travaux forestiers ; +12,8% en élevages de gros animaux. Quant au nombre de personnes ayant travaillé en cultures spécialisées, il est en baisse de 6,4% sur les 4 dernières années alors que le nombre de salariés en ETP (équivalent temps plein) augmente. "Cela s'expliquerait par une augmentation de la durée des CDD", décrypte Julie Jacq, chargée de mission à l'AEF. Alors que l'emploi continue de se développer, bizarrement les offres d'emploi déposées à l'AEF sont en diminution dans le secteur du végétal. "Vu le contexte, les personnes à la recherche d'un emploi peu ou pas qualifié, candidatent en direct auprès des entreprises", décrit Julie Jacq. Lors de la présentation des chiffres, l'AEF a souhaité mettre l'accent sur la qualification des postes en agriculture. Alors que les secteurs lait et porc recrutent des profils qualifiés, le secteur du maraîchage se caractérise par une main d'oeuvre saisonnière. Mais pas seulement. Les structures s'agrandissent, à défaut d'installation. Mathématiquement, la demande en salariat augmente avec notamment des postes à responsabilité et intermédiaire. "Avec l'idée pour les producteurs, de former des personnes capables de les seconder", décrit Julie Jacq.

Chef de culture à 24 ans

C'est le cas du serriste, Alain Even à Ploubazlanec. Agé de 56 ans, après 38 ans de métier dans le maraîchage, il veut d'ici 2018 lever le pied. Pour ce faire il a recruté une jeune femme pour le seconder. "La culture de tomate sous serre est exigeante. Le producteur dispose d'un battement de deux heures seulement pour régler un problème de chauffage ou un problème d'eau en été. Et la culture dure 11 mois". Quant Alain Even a rencontré Marie Igigabel à partir d'une annonce sur internet, le courant est passé instantanément. L'entrevue a duré plus de 4 heures, occupés à parcourir la serre de 2 ha. "Marie avait l'expérience de chef de culture dans le même type d'exploitation, la même surface, la même coopérative...". La jeune femme a pourtant débuté sur le tas. Originaire de Kermaria-Sulard, Marie depuis l'âge de 16 ans enchaîne les saisons en tomates, plante des fraises sur le secteur. Alors lorsqu'elle quitte l'école après un CAP "staffeur ornemaniste" (décoration en staff), parce qu'elle ne veut pas travailler dans les grandes métropoles, elle débute un CDD de 8 mois à Lannion chez un serriste. Trois ans plus tard, ce petit bout de femme accède au poste de chef de culture, un poste habituellement occupé par des hommes. "J'aime évoluer, apprendre les techniques", explique-t-elle.

Puis en octobre 2013, elle rejoint l'EARL de Ker Alan. L'exploitation emploie 7 salariés permanents et 5-6 saisonniers. Avant de prendre les commandes du navire seule, il lui faudra plusieurs années. "Nous sommes sur une culture annuelle, il faut donc une année pour tout voir. Avec Marie, je me suis donnée encore deux ans. J'espère en faire une doublure", confie le serriste. Du bon sens, une capacité à analyser vite un problème, des qualités auxquelles s'ajoute la gestion humaine, sûrement la partie du métier la plus ardue. Or le binôme dégage une bonne complicité que la mise en place d'objectifs ne perturbe pas. Au contraire.

(*) Dans les chiffres collectés, une personne ayant travaillé au moins une heure est dans l'année est considérée comme salarié. Un salarié est compté autant de fois qu'il a eu de CDD et/ou CDI.

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