Terra 18 avril 2014 à 08h00 | Par Chantal Pape

Légumes-horticulture : le Caté peine à trouver des financements

La station expérimentale du Caté, à Saint Pol de Léon (29) tire la sonnette d'alarme : les modes de financement de la recherche ont changé et les agriculteurs n'y trouvent plus leur compte !

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L'assemblée générale du Caté s'est tenue le 10 avril dernier à Saint Pol de Léon (29). © Terra Pour limiter le recours au désherbage chimique en pépinière ornementale, le Caté teste un paillage à base de cosses de sarrasin ou de myscanthus, paillage qui peut désormais être mécanisé. © Terra

"Ici, nos expérimentations poursuivent trois objectifs, rappelle Jean-Denis Crenn, le président de la station expérimentale du Caté. Permettre aux agriculteurs de gagner en compétitivité, améliorer la qualité des produits tout en respectant l'environnement". Un triptyque aujourd'hui mis à mal. "Les financeurs publics veulent prioriser ce dernier volet". Avec, à la clé, quelques aberrations. "La recherche variétale est moins subventionnée, alors que la mise au point de variétés résistantes ou tolérantes permet de limiter le recours aux phytos".

"La station est au service des producteurs", rappelle Thierry Merret, membre du bureau du Caté. Mais si, jusqu'à présent, c'est à eux qu'il revenait d'établir les programmes de recherche, les choses sont là aussi en train de changer. "Désormais, une bonne part des projets est proposée par les financeurs, indique Michel Le Roux, le directeur. Et il nous faut répondre à ces appels à projet, sans savoir si nous serons retenus". Mais difficile de faire autrement, quand 50% du financement de la station repose sur de l'argent public, le reste du budget étant bouclé pour moitié par des fonds professionnels, Cérafel et chambre d'agriculture, et pour moitié par la vente des produits de la station et des prestations de service.

 

Une nouvelle serre

Le Caté n'a toujours pas réussi à boucler le financement du remplacement des anciennes serres, datant du début des années 90. "Avec leurs 3,6 m de hauteur, elles sont obsolètes par rapport à ce que l'on trouve chez les producteurs", constate Jean-Denis Crenn. Le projet porte sur une serre plus haute, environ 7 m, avec peu d'ouvrants pour une plus grande luminosité, et une climatisation plus performante, capable de chauffer les cultures en hiver mais aussi de refroidir l'air en été. "Avec une meilleure circulation d'air autour des plantes, il y aura moins de maladies et moins d'utilisation de phytos", espère Daniel Le Duff, membre du bureau du Caté. Pour le moment, seules deux serres de ce type ont été construites en France, sur un modèle largement développé aux USA.

 

Elargir la gamme

Le chou-fleur de janvier connaît des problèmes de qualité liés aux feuilles de la couronne. "Nous avons testé des solutions chimiques, changé les itinéraires techniques... sans résultat, indique Damien Penguilly, responsable des essais de plein champ. Nous allons maintenant miser sur la création variétale, en évaluant des variétés créées par l'OBS".

Du côté de la diversification, la station expérimentale a étudié l'itinéraire technique du mini-poivron, avant que des producteurs ne se lancent dans cette nouvelle culture. "Nous travaillons maintenant sur la mini-aubergine, en testant différentes formes, plus ou moins allongées ou rondes, et plusieurs couleurs, mauve, blanche, verte, striée", indique Alain Guillou, responsable des essais sous serre.

Lui aussi étudié au Caté, le Cardinal, un artichaut globuleux violet, va entrer en production chez une vingtaine de légumiers finistériens et une dizaine de costarmoricains. "Et nous sommes en train d'évaluer de nouvelles variétés de petits violets", rajoute Jean-Denis Crenn. En champignons cultivés, les producteurs de shii také voudraient élargir la gamme et les essais portent sur le pleurote eryngii, la pholiote du peuplier et le pleurote tesselé.

De nouvelles variétés de giroflée ou de renoncule sont également à l'étude. "Et on peut les produire sans chauffage, ou presque", souligne Laurent Mary, responsable des essais en horticulture ornementale. Un avantage indéniable dans un contexte de forte hausse du prix de l'énergie. "Nous travaillons aussi sur des méthodes alternatives au désherbage des plantes en pot". Des paillages à base de cosses de sarrasin ou de miscanthus semblent prometteurs. "Et on travaillerait au local, puisque ces deux plantes sont disponibles en Bretagne".

 

 

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