Terra 29 août 2014 à 08h00 | Par Marie-Isabelle Le Bars

Les acteurs de la transmission s’engagent

Signature d'une charte de la transmission lors du Space, conférence pour "démystifier" le passage de relais entre cédants et repreneurs, l'intention de la profession agricole bretonne est bel et bien de mettre en avant le renouvellement des générations...et de se donner les moyens d'y parvenir.

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Les enjeux sont considérables quand 50 % des exploitations bretonnes changeront de main dans les dix ans. La transmission des exploitations sera l'une des conditions de la pérennité de l'agriculture bretonne… Mais elle est une étape délicate de la vie des exploitants trop souvent subie, faute d’anticipation et d’accompagnement.

Les freins sont plus importants pour des candidats à l’installation, hors cadre familial et pour les candidats à la reprise non issus du milieu agricole. Cette installation hors cadre familial est pourtant possible, plus du tiers des installations se fait ainsi. Mais  elle doit être encouragée, accompagnée et sécurisée.

La nécessité de cet accompagnement vaut d'ailleurs pour toutes les installations. L'objectif de la charte que tous les acteurs de la transmission1 signeront lors du Space est bien d'y répondre.

(1) État, région, chambres, MSA, Safer, syndicats, experts comptables, banques, coopératives,…)

Marie-Isabelle Le Bars, Chargée de mission transmission Chambre régionale d'agriculture de Bretagne

 

PRATIQUE

"Savoir s’entourer pour réussir sa transmission",  tel est le thème de la conférence au Space le mercredi 17 sept. à 10 h. Plus d'infos au 02 23 48 28 25.

 

Jean Guillouzic
Jean Guillouzic - © Terra

Une transmission réussie

Près de 4 ans après sa cessation, Jean Guillouzic revient sur ce "parcours de la transmission", qu’il évoque aujourd’hui avec fierté, la fierté de la réussite du projet de Lydie et Vincent Joyeux. Une bonne anticipation, le temps de la réflexion et de l’accompagnement, lui ont permis de remplir pleinement son objectif : installer un jeune sur la ferme de Kervihan à Local Mendon (56).

Quelles étaient vos attentes à l’époque ?

Jean Guillouzic. Nous souhaitions, mon épouse Annick et moi, éviter un démembrement de l’exploitation et notre objectif était de pouvoir installer un jeune pour que la ferme continue à vivre. Nous souhaitions arrêter notre activité courant 2010, et c’est dès 2007 que nous avons réellement démarré les démarches.

Comment s’est déroulée votre transmission ?

J.G. Suite à une journée sur la transmission d’exploitation en décembre 2007, nous avons inscrit l’exploitation au répertoire départ installation à la chambre d’agriculture 56 afin de trouver un repreneur. Nous avons fait une évaluation économique de l’exploitation avec le CER 56. Nous avons eu un premier contact sérieux qui n’a pas abouti, puis, en août 2009, nous avons eu Lydie et Vincent Joyeux qui nous ont présenté leur projet. Ils nous ont tout de suite plu ! Leur projet consistait à un passage de l’exploitation en bio, avec transformation et vente des produits de la ferme (lait, yaourt, fromage blanc, faisselle, fromages…).

Nous étions en agriculture raisonnée avec très peu d’engrais et de traitements (maïs en désherbinage depuis de nombreuses années). Pour leur faire gagner du temps, nous avons anticipé d’une année le passage en bio. Aucun n’étant du milieu agricole mais très motivés, ils ont fait une formation d’une année à Crédin. Vincent a réalisé un stage de parainnage et l’installation a eu lieu au 1er janvier 2011.

Quels partenaires vous ont aidés dans votre projet ?

J.G. Notre démarche a été accompagnée pour la recherche de repreneur et les aspects administratifs par un conseiller transmission spécialisé de la chambre d’agriculture (service Odasea). L’évaluation économique a été réalisée par le CER 56. Il a fallu trouver une laiterie pour le lait bio. C’était au moment de la reprise d’Entremont par Sodiaal, qui ne collectait pas en bio à l’époque, et finalement c’est Eurial qui a été choisi.

Où en est l’exploitation aujourd'hui ?

J.G. L’exploitation aujourd’hui, c’est un peu plus de 60 ha pour 450 000 l de quota dont une bonne partie est transformée pour la vente directe (collectivités ; magasins bio ;  vente à la ferme...). Aujourd’hui, l’ancienne ferme est en cours d’évolution, c’est un nouveau projet qui se construit et se consolide petit à petit.

A posteriori, que pensez-vous de cette étape ?

J.G. Nous sommes très satisfaits de notre choix. A partir du moment où vous avez des gens motivés qui n’ont pas peur du travail et encore moins des tracasseries administratives. Le fait que Lydie et Vincent ne soient pas du milieu agricole n’a jamais posé de problèmes. Au contraire, ils ont même un atout : ils ne débarquent pas en vous disant "je sais" ! Ils voulaient apprendre et étaient demandeur de conseils. Nous avons transmis notre ferme mais aussi notre savoir-faire, notre connaissance de la ferme, de la terre, du troupeau…

Propos recueillis par Marie-Isabelle Le Bars



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