Terra 01 août 2016 à 08h00 | Par Chantal Pape

Les agriculteurs bientôt rémunérés pour services environnementaux ?

La FDSEA a organisé deux réunions d'information sur les services environnementaux. Bientôt une façon pour les agriculteurs de compléter leur revenu ? La réflexion est en marche !

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Le 11 juillet dernier, Denis Sanquer, producteur de porcs au Tréhou, a expliqué sa façon de gérer les zones humides sur son exploitation.
Le 11 juillet dernier, Denis Sanquer, producteur de porcs au Tréhou, a expliqué sa façon de gérer les zones humides sur son exploitation. - © Chantal Pape

"J'ai arrêté la production laitière il y a cinq ans. Les 10 ha de zones humides qui, auparavant, étaient pâturées, sont désormais fauchées". Producteur de porcs au Tréhou, Denis Sanquer aurait pu les laisser à l'abandon, faute de temps pour s'en occuper, ou les boiser. "Entretenir ces zones humides, qui participent à la biodiversité, à la gestion du paysage, à l'amélioration de la qualité de l'eau est un service environnemental, estime Hervé Sévenou, responsable du dossier environnement à la FDSEA, qui plaide pour un changement d'approche. Présents sur tout le territoire, les agriculteurs rendent des services environnementaux par leur travail. Il est temps de les faire reconnaître et de passer du bénévolat à la rémunération".

 

Un contrat de droit privé

 

Après avoir organisé une première réunion d'information sur le sujet, le 25 novembre dernier en partenariat avec la chambre d'agriculture, la FDSEA poursuit la réflexion sur le terrain. Un stagiaire a été recruté et des rencontres sont déjà programmées avec d'éventuels financeurs. Entreprises privées, collectivités territoriales, syndicats d'eau... : les pistes sont nombreuses. "C'est un contrat de droit privé qui liera agriculteur et financeur, indique Charline Alenda, chargée de mission environnement à la FDSEA. Et l'approche pourra être individuelle ou collective, dans le cas d'un projet de territoire.

 

Informer

 

Pour sensibiliser les agriculteurs, la FDSEA a organisé deux réunions d'information la semaine dernière. Car ce changement d'approche n'a rien d'évident pour des agriculteurs qui gardent en mémoire les contraintes environnementales qu'ils subissent au quotidien dans l'exercice de leur métier. "Dans les PSE, les paiements pour services environnementaux, l'engagement se fait sur la base du volontariat", rappelle Charline Alenda, qui cite des jachères mellifère contractualisées avec des apiculteurs, l'entretien de zones humides ou le stockage de carbone pour des entreprises privées qui doivent compenser...

Ces paiements pour services environnementaux seront l'occasion pour les agriculteurs de compléter leur revenu en se faisant rémunérer pour ces services. Mais aussi, de manière plus générale, une façon de conserver le foncier au sein de la profession agricole. "Sinon, d'autres seront tentés de l'acquérir", estime Gilles Morvan, membre du Bureau de la FDSEA, citant, par exemple, des zones humides rachetées par des sociétés de pêche.

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