Terra 05 décembre 2012 à 15h21 | Par A.Dibet

Les circuits courts veulent voir loin

Lors des 3e assises bretonnes de la vente directe organisées par la FRCivam, producteurs, élus, chercheurs, consommateurs, ont planché sur les conditions de développement des circuits courts. Pour étendre à tous, l'accès à une alimentation "de qualité".

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Roger Dagorne, président du marché de producteurs du Gros Chêne à Pontivy, Branka Tome, de la Commission européenne, Pascal Aubrée et Hélène Roisille, animateurs de la FRCivam.
Roger Dagorne, président du marché de producteurs du Gros Chêne à Pontivy, Branka Tome, de la Commission européenne, Pascal Aubrée et Hélène Roisille, animateurs de la FRCivam. - © terra

Programme chargé le 29 novembre au lycée du Gros chêne à Pontivy (56). De 9h à 17h se succèdent interventions en amphithéâtre et ateliers d'échanges en petits groupes. Loin d'être anecdotiques aujourd'hui, les circuits courts intéressent à tous les niveaux : politiques, consommateurs, chercheurs... S'ils prennent différentes formes - en vente directe, sur les marchés, ou en magasins de producteurs - les circuits courts se caractérisent par un intermédiaire maximum entre le producteur et le consommateur. Selon Jean-Michel Boiron, président de la FRCivam, ils sont aussi "indissociables de conditions de production respectueuses de l'environnement" (30% des produits des circuits courts sont bio), "locaux" et favorisent "la maîtrise du prix par le producteur".


21% des producteurs français

 

En France, 21% des producteurs français commercialisent tout ou partie de leurs productions en circuits courts (10% en Bretagne). Ces chiffres font notamment dire à Branka Tome, responsable des politiques de qualité à la DG agriculture de la Commission européenne, que la France est sur la bonne voie.
"Les circuits courts ont atteint un tel niveau dans certains Etats membres qu'il sera difficile d'aller plus loin. D'autres pays par contre n'en sont qu'au début", nous confiait-elle lors d'une conférence de presse.
Pour la période 2014-2020, des propositions ont été faites pour un régime simplifié pour les petits agriculteurs pour les paiements directs, le 2nd pilier contribuera également aux circuits courts et un sous-programme pourrait être spécifiquement créé.
Pour évaluer précisément les impacts économiques et environnementaux des circuits courts dans les différents Etats, la Commission européenne vient de demander une étude externe qui permettra aussi d'identifier des pistes de développement. "Un consommateur sur deux en Europe dit ne pas bien identifier les produits issus des circuits courts", souligne Branka Tome. Mieux communiquer devra-t-il passer par un étiquetage des produits ? C'est en tout cas le nouveau champ à l'étude de la Commission. Quant aux règles d'hygiène, "perçues comme une contrainte par les petits producteurs", Branka Tome rappelle qu'il existe "des dérogations possibles pour les petits établissements". "Il faut aller les chercher au niveau des Etats membres", conseille-t-elle.


Informer le consommateur

 

En Bretagne, on a pu mesurer sur le territoire du COB (Centre Ouest Bretagne) que les circuits cours représentaient 2 % de la consommation alimentaire totale, mais jusqu'à 250 emplois au niveau de Rennes métropole. 
Pour Jean-Michel Boiron, un développement plus important passera par une meilleure information des consommateurs. "Nos produits sont moins chers que ceux vendus en GMS", le président de la FRCivam n'en démord pas. "Et le consommateur y gagne du point de vue gustatif. Mais il faut se battre contre 50 ans d'habitude de consommation et casser l'image de produits destinés à une élite". Sensibiliser les enfants, avec des produits locaux régulièrement proposés au menu des collectivités, serait déjà une avancée. Jean-Michel Boiron de souligner enfin : "le développement dépendra aussi de la manière dont on va se structurer en Bretagne".

 

Audrey Dibet

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