Terra 26 février 2016 à 08h00 | Par Jean Dubé

Les Cuma observatrices et actrices dans la crise agricole

Plus d'un agriculteur sur deux adhère à une Cuma dans l'Ouest de la France. C'est dire si les Cuma sont un bon observateur des évolutions des besoins des exploitations aujourd'hui, et qu'elles sont au cœur de ces dernières. La Fédération régionale tenait son assemblée générale à Rennes ce mardi, l'occasion d'observer l'évolution des Cuma, dont le nombre tend aujourd'hui à diminuer.

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Laurent Guernion, responsable du comité d'organisation du salon Meca élevage qui se déroulera en juin en Bretagne et
Jean Luc Boursier, président de la fédération des Cuma Ouest.
Laurent Guernion, responsable du comité d'organisation du salon Meca élevage qui se déroulera en juin en Bretagne et Jean Luc Boursier, président de la fédération des Cuma Ouest. - © Terra

Les Cuma collent aujourd'hui aux évolutions du monde agricole. Elles se réorganisent pour coller au redécoupage des régions. La fédération de l'Ouest accueille cette année deux départements de plus avec la Seine-Maritime et l'Eure. Ces deux départements rejoignent la fédération régionale avant de (peut-être) rejoindre la région Normandie.

973 salariés permanents

Le mouvement des Cuma reste à l'échelle de l'Ouest un élément structurant du paysage agricole. Sur les 14 départements de Normandie, Bretagne et Pays de la Loire, on dénombre 2 613 structures Cuma.

Alors qu'elle ne comptait en 2014 que douze départements, la structure régionale avait comptabilisé 227 M€ de chiffre d'affaires, et 151 M€ d'investissement dans "ses" 2 422 Cuma, soit donc en moyenne pratiquement 100 000 € de chiffre d'affaires par structure, et un total, fin 2015, de 973 salariés permanents.

Le mouvement des Cuma se porte donc plutôt bien et ce n'est pas forcément le cas des exploitations dans lesquelles elles interviennent. Depuis un an rappelle le président de la FRCuma Ouest Jean-Luc Boursier, le volume des impayés augmente, et surtout le montant de ces derniers. Les responsables régionaux font le constat que "l'année 2016 va être compliquée. Dans certains secteurs il n'y a plus que les Cuma qui investissent". L'investissement individuel est arrêté. Pour autant, cette situation n'est par forcément totalement négative. En effet la crise oblige les agriculteurs à se poser la question de l'investissement matériel, son coût, et l'opportunité de le partager.

Un coût machinisme du simple au double

Les responsables de Cuma observent de très gros écarts de frais de mécanisation d'une exploitation à l'autre. "L'écart de charge de mécanisation peut varier de 200 € à l'hectare à, dans certains cas, 448 € par hectare". Le poste mécanisation qui représentait 30 à 40 % des charges de structure en 2007, est aujourd'hui grimpé à 45-48 % en moyenne. L'augmentation de la taille des exploitations n'a pas dilué les charges de structures, bien au contraire. Pour les responsables des Cuma, le poste traction explique à lui seul une partie importante de cette inflation des coûts, il représente quelquefois 10 à 15 % des charges totales de l'exploitation. Économiser sur ce poste ne serait-ce que 20 % permettrait de dégager les 2 ou 3 % de marge qui manquent dans certaines exploitations.

Les DFI-DPI montrées du doigt

Si les Cuma ont longtemps été tenues à l'écart de l'accès aux déductions pour investissements (DPI ou DFI) , les responsables s'interrogent à voix haute sur l'impact qu'ont eu ces déductions sur le montant et le niveau de l'investissement en machinisme dans les exploitations. Jean-Luc Boursier risque : "Il serait intéressant de faire une étude sur le rôle des DFI dans la compétitivité de l'agriculture française". Quoi qu'il en soit, les Cuma estiment qu'elles ont un rôle conséquent à jouer dans la recherche de compétitivité des exploitations. Elles se fixent trois axes de travail pour 2016, professionnaliser leurs démarches de travail, améliorer la flexibilité de leur offre alors que les exploitations sont plus spécialisées et plus diverses, et développer leur maillage, leur capacité d'échange entre elles, pour favoriser les échanges mais surtout les économies.

Méca Èlevage à Yffiniac le 23 juin

Le 23 juin les Cuma organiseront un événement dans le cadre des Innov'actions, à Yffiniac dans les Côtes d'Armor. Les présentations de matériels seront axées sur la luzerne, la valorisation des cultures dérobées et la qualité des fourrages. L'après midi les exploitants pourront observer des démonstrations de presses enrubanneuses et de tonnes à lisier. L'élevage reste un secteur fort de développement et d'activité pour les Cuma.

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