Terra 13 février 2013 à 16h37 | Par terra

Les éleveurs de bovins en appellent à un rééquilibrage des aides

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La délégation bretonne au congrès FNB.
La délégation bretonne au congrès FNB. - © terra
"Il faut impérativement une orientation des soutiens vers l’élevage", a martelé Pierre Chevalier, le président de la Fédération nationale bovine (FNB), devant le ministre de l’Agriculture, le 6 février, lors de l’Assemblée générale à Guéret, dans la Creuse. La FNB donne la priorité aux aides couplées à l’animal et en premier lieu à la pérennité de la prime à la vache allaitante. Mais pour son président, l’aide couplée ne suffit pas à restaurer l’équilibre avec les productions végétales. Il se prononce en faveur d’une surdotation des surfaces fourragères. Si Stéphane Le Foll a confirmé son intention de rééquilibrer les aides en faveur de l’élevage, sa proposition de surprimer les premiers hectares concerne la SAU et non la surface fourragère. Philippe Vinçon directeur des relations internationales au ministère de l’Agriculture, a évoqué des mesures spécifiques qui pourraient être adoptées dans le cadre du deuxième pilier de la Pac et qui seraient ciblées sur l’élevage. "Nous sommes d’accord pour donner la priorité à l’élevage, mais nous devons avoir la palette la plus large possible", a-t-il indiqué.


Prix rémunérateurs

Mais, au-delà des aides, les éleveurs tiennent à ce que l’essentiel de leur revenu soit assuré par les prix. Ce qui passe d’abord par une amélioration des mécanismes de gestion des marchés. Pour la FNB, cela passe par le développement des débouchés dans les pays tiers, le bassin méditerranéen certes, mais aussi la Russie et l’Asie (Japon, Singapour…). La principale difficulté aujourd’hui est le manque de mobilisation des opérateurs de la filière. Pierre Chevalier n’a pas hésité à les apostropher : "nous devons arrêter de nous tirer la bourre entre nous. Les producteurs qui représentent 40 % de la production avec leurs coopératives devraient faire autre chose que se concurrencer" et de commercialiser la viande au moins disant. L’Union européenne est sur le point de signer un accord de libre-échange avec le Canada qui ouvrirait le marché européen à ses viandes bovines et porcines en contre partie d’un accès facilité aux produits laitiers européens. Un accord identique est également en vue avec les Etats-Unis. "On se dirige vers des concessions européennes disproportionnées", redoute Henri  Brichart, vice-président de la FNSEA. Celle-ci a d’ailleurs alerté le Premier ministre des conséquences fâcheuses que ne manquerait pas de produire un tel scénario sur l’élevage et l’agriculture européenne.


La Bretagne est aussi une terre d’élevage bovin


Lors de ce congrès, les représentants bretons de la FRSEA ont tenu à rappeler que la Bretagne était aussi une grande région d’élevage bovin. Face au recul actuel de la production et aux menaces liées au projet de réforme de la PAC tant en veaux de boucherie, qu’en vaches allaitantes et engraissement, la délégation a fait des propositions pour soutenir les éleveurs
bretons. "L’avenir de la filière veau est menacée et il y a urgence à réagir, a déclaré Catherine Debroize, responsable veau de boucherie. A l’heure actuelle, la valeur des prestations prévue dans le contrat type est insuffisante. De plus, les rémunérations, le travail contraignant, les incertitudes sur les aides PAC pèsent sur le moral des éleveurs. Le veau de boucherie est pourtant fondamental pour l’équilibre des filières viande bovine et laitière". Le responsable viande bovine, Gérard Doré, a quant à lui, relayé les inquiétudes des éleveurs bretons et insisté sur les risques de voir abandonner l’élevage au profit des céréales. Il a réaffirmé la nécessité de revaloriser les prestations pour être plus en phase avec les coûts de productions "même si dans les discussions il ne faudra pas oublier que la Bretagne est aussi une terre d’élevage de bovins allaitants, la PAC ne règlera pas tout". Ce congrès a aussi été l’occasion d’interpeller le ministre de l’Agriculture sur l’aide aux JB et dénoncer une fois encore l’empilement règlementaire et administratif qui décourage bon nombre de jeunes à choisir l’élevage. Le renouvellement des générations sera un enjeu majeur pour les prochaines années.

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