Terra 09 juin 2016 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Les éleveurs se mobilisent autour du "Manger français"

Si les tracteurs ne sont plus dans la rue, la crise agricole est toujours bien présente. C'est le message qu'ont souhaité faire passer ce mardi 7 juin, les responsables FDSEA et JA 35, lors d'une conférence de presse.

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Au restaurant Courtepaille, le contrôle de l'origine des produits montre que pour le Manger français, le chemin est encore long.
Au restaurant Courtepaille, le contrôle de l'origine des produits montre que pour le Manger français, le chemin est encore long. - © A.M

"Il y a une grande tension dans les campagnes ! Un certain nombre d'agriculteurs voudraient en découdre car ils n'ont plus rien à perdre, alors on aurait pu redescendre dans la rue, mais nous ne souhaitons pas rajouter aux tensions sociales actuelles", explique Loïc Guines, président de la FDSEA 35. Baisse de 10 points des cotisations MSA, plan d'urgence dont ont bénéficié 5 000 exploitations bretonnes, suppression des cotisations maladie et maternité pour les faibles revenus, charte des valeurs en lait, transparence Gaec... Ces derniers mois, la mobilisation a porté ses fruits avec l'annonce de nombreuses aides, aux incidences financières immédiates. "Mais aujourd'hui, il faut aller plus loin et redonner de la confiance au sein des filières", estime Thomas Vivien, secrétaire adjoint à JA 35 et membre du bureau de JA national. A l'image du fonds porcin, censé aider les éleveurs... et qui n'a toujours pas vu le jour.

Etiquetage : du retard à l''allumage

Un autre dossier, défendu par les responsables syndicaux, concerne le versement des aides PAC et des aides concernant les mesures agro-environnementales. "Chez certains, c'est 10 % des aides PAC 2015 qui n'ont pas encore été versées, mais chez d'autres, c'est 70 % des aides qui n'ont pas encore été versées !", déplore Loïc Guines qui veut aussi dénoncer le retard dans l'étiquetage de l'origine des viandes dans les produits transformés. "Le ministre de l'agriculture a obtenu le feu vert de l'Europe pour une expérimentation d'un an. On a les outils, mais le décret n'est toujours pas sorti ! La balle est dans le camp du ministère !", insiste le président de la FDSEA 35.

Les axes de travail sont donc nombreux et, dans les prochaines semaines, des rencontres vont avoir lieu avec les banques pour obtenir davantage de soutien, avec la préfecture pour mettre en place un véritable dispositif pour permettre à ceux qui le souhaitent de quitter la profession ou encore avec les prestataires de service et fournisseurs. "Nous exigeons enfin que les GMS, les collectivités et la restauration hors foyer (RHF) soient exemplaires en s'approvisionnant en produits français", conclut Loïc Guines. Et force est de constater que dans la RHF, il y a encore beaucoup de travail à mener. Ainsi, dans la foulée de la conférence de presse, un groupe de quelques agriculteurs s'est rendu au restaurant Courtepaille, route de Lorient, à Rennes, pour contrôler l'origine des viandes.

De gauche à droite : Thomas Vivien (JA 35) et Loïc Guines (FDSEA 35).
De gauche à droite : Thomas Vivien (JA 35) et Loïc Guines (FDSEA 35). - © A.M

A l'entrée du magasin, comme l'exige la réglementation, une petite ardoise annonce l'origine des viandes. On peut y lire : France, Italie, Pologne, Suède, Allemagne. La discussion s'engage avec Benoît Quéré, gérant du restaurant et franchisé. "On se rend compte qu'à part la viande hachée et le tartare, la plupart des produits proposés ne sont pas d'origine française", témoigne un éleveur. Ce qui soulève un paradoxe, car si l'enseigne, pour la viande hachée et les tartares se fournit en viande française, comme gage de qualité envers ses clients, pourquoi ne pas se fournir avec cette même qualité et traçabilité pour les côtes de bœuf ou encore le porc ou le poulet ? Le gérant du restaurant a expliqué qu'il n'avait pas la possibilité de se fournir localement car il doit "respecter le cahier des charges de l'enseigne". Les agriculteurs lui ont donc demandé de faire remonter leurs attentes et de pouvoir rencontrer les dirigeants nationaux de Courtepaille. En attendant, d'autres actions ciblées sont annoncées ces prochaines semaines dans le département.

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