Terra 19 janvier 2016 à 15h00 | Par Emmanuelle Bordon

Les manifestations reprennent

Manifestation en marge de la visite présidentielle le 14 janvier, blocage de camions de lait le 18 janvier, « feux de détresse » le 19... les manifestations reprennent, menées essentiellement par les producteurs laitiers auxquels une nouvelle baisse de prix a été annoncée pour le premier semestre 2016.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Les éleveurs en discussion avec le directeur du supermarché.
Les éleveurs en discussion avec le directeur du supermarché. - © Terra

270 EUR la tonne, c'est le prix qui a été annoncé aux producteurs de lait pour le premier semestre 2016. Par rapport au prix payé à la fin de 2015, c'est une nouvelle baisse de 30 EUR qui les amène à près de 100 EUR de moins par rapport à l'année dernière à la même époque. Au final, les éleveurs qui pensaient être dans le dur de la crise laitière voient leur situation se dégrader encore et la rémunération de leur production être très en dessous de leurs coûts de production.

Un avertissement

Désespérés de ne pas se sentir entendus, les éleveurs morbihannais on voulu lancer un avertissement fort en début de semaine. Le 18 janvier, en trois points du département, trois camions de laiteries différentes ont été bloqués. Les manifestations, qui se sont déroulées dans le calme, avaient surtout pour objectif de faire venir des représentants des laiteries et de les amener au dialogue. Au final, seuls les représentants de Sodiaal se sont déplacés. A Questembert, les manifestants ont décidé après une heure de blocage de se rendre dans un supermarché où ils ont relevé les prix du lait et discuté avec le directeur du magasin.

Des questions en suspens

Inquiets et en colère, les éleveurs laitiers disent avant tout ne pas comprendre pourquoi, alors que le prix qui leur est payé baisse encore, ceux de la vente des produits laitiers dans le commerce n'en font pas autant. Et, le directeur du supermarché ayant affirmé qu'il n'avait pas le pouvoir d'en décider lui-même, ils veulent interroger un à un tous les maillons de la filière : « Ou passe le surplus ? »

Ils se disent également choqués d'apprendre que les transformateurs « annoncent un prix avant d'avoir mené les négociations avec la GMS et partent discuter sur cette base de 270 EUR », ce qui garantit quoi qu'il en soit un prix bas. Or, ces négociations étant menées pour l'année, ils craignent que ce choix ne pérennise la situation.

Enfin, ils ont réclamé, comme pour les viandes, un affichage de la provenance des produits sur le lait liquide et les produits transformés, pour que le consommateur puisse faire un choix en connaissance de cause.

Des « feux de détresse » comme symbole

Le 19 janvier au soir, les agriculteurs ont allumé des feux de détresse, qui symbolisent leur revenu partant en fumée, tout en déplorant d'avoir à en arriver là. « Si on n'est pas dans la rue, on ne nous entend pas », a déploré Frédéric Daniel, président des JA. En pleine crise, les éleveurs disent avoir le sentiment d'être abandonnés des élus, alors que « ce sont eux qui ont créé cette situation en supprimant les outils de régulation ». Ils dénoncent le fait qu'ils n'ont reçu à ce jour que des avances de la PAC, à hauteur de 55 à 65 % selon les situations. « On ne comprend plus rien », s'indignent-ils.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui