Terra 02 décembre 2016 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

"Les OP sont à la croisée des chemins"

Ancien vice-président de la FNPL (lait) et désormais libre de tout engagement, Patrick Ramet a entamé vendredi dernier à Rennes, un cycle de conférences avec l'objectif de démontrer que la France est une terre d'avenir pour la filière laitière. Un propos au service d'une vision très libérale de la production laitière, au moment où nombre d'éleveurs a les yeux rivés sur le prix du lait.

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Patrick Ramet.
Patrick Ramet. - © Terra

"Face à un contexte de changement, la filière française doit se transformer, car avec la fin des quotas nous sommes passés d'une gestion politique à une gestion économique", estime Patrick Ramet. Un virage que la filière française n'aurait donc pas su prendre et qui l'aurait poussé à "prendre du retard sur l'organisation économique, la création de valeur ajoutée et la performance".

Potentiel climatique, prix et disponibilité du foncier, autonomie fourragère, potentiel d'épandage, recherche et innovation... La France compte de nombreux atouts pour être un acteur leader sur le marché du lait. "Mais quand nos principaux concurrents compensent une partie de la baisse des prix par une augmentation des volumes, la France cumule baisse des prix et baisse des volumes", ajoute Patrick Ramet.

Faire de nouveau appel à la Commission en espérant un retour d'une régulation européenne, faire appel aux pouvoirs publics français, ou encore se lancer dans une bataille juridique sur la contractualisation "ne résoudra pas le problème de fond", souligne encore l'éleveur. Et de développer : "Bien que moralement légitime, aborder le problème par le prisme d'un juste prix n'a pas de sens dans un monde libéral tel qu'il a été défini au niveau européen".

La valeur ajoutée au cœur du projet

Le premier enjeu défendu par Patrick Ramet, se joue sur la performance. Une amélioration globale, aussi bien de l'amont que de l'aval. "Dans la complexité actuelle du monde laitier, il est indispensable de redonner un nouveau souffle à la filière, en proposant un panel de solutions à tous les niveaux", témoigne ainsi Patrick Ramet.

Dans ces conditions, comment créer de la valeur ajoutée ? "Là encore, l'idée de partage de valeur ajoutée, si elle est moralement louable, est sans fondement dans un marché libre", commente Patrick Ramet, qui estime que dans ce domaine, c'est aux organisations collectives et économiques de producteurs de relever le défi. Produit sans OGM, bien-être animal, ferme bas carbone... Autant de sujets sur lesquels les organisations collectives peuvent s'appuyer pour créer des produits, tout en gardant la valeur ajoutée chez les producteurs, en se rapprochant du consommateur.

Enfin, pour Patrick Ramet, "les OP sont à la croisée des chemins. Elles doivent se structurer, réduire leur coût de fonctionnement, professionaliser la négociation et donc faire en sorte que la création de valeur ajoutée soit au cœur de leur projet". En Bretagne, une deuxième conférence aura lieu le vendredi 9 décembre, de 10h à 13h, à Carhaix, au Cinedix.

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