Terra 25 juin 2015 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

"Les producteurs de lait en danger immédiat"

"De graves difficultés de trésorerie menacent les producteurs de lait, conséquence de la chute des cours français et mondiaux", alerte Hervé Moël, président de la section lait de la FDSEA 22. C'est pourquoi la FNPL demande aux entreprises de se saisir de la clause de renégociation prévue par la loi en cas de volatilité des prix. Le point de la situation par le responsable syndical.

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Hervé Moël.
Hervé Moël. - © terra

Dans l'actualité, il est surtout question des difficultés des producteurs de porc et de viande bovine, quant est-il du secteur laitier ?

Hervé Moël. Comme la plupart des producteurs de lait en Europe, les exploitations françaises connaissent des difficultés de trésorerie extrêmement fortes : il nous manque 30 €/1000 litres par mois sur l'ensemble du premier semestre. Les éleveurs français sont en danger, surtout par l'effet ciseaux entre la baisse des cours et le maintien à un niveau très élevé des charges. Plusieurs facteurs sont responsables de la chute des cours mondiaux et européens, pourtant orientés à la hausse en 2014 : l'embargo russe principalement mais aussi la spéculation. L'offre actuelle au niveau mondial ne fait que satisfaire les besoins en consommation, les stocks sont quasi inexistants. On le voit la fin des quotas laitiers n'a pas fait exploser la production laitière mondiale.

Que préconise le syndicalisme ?

H.M. Nous pensons que la revalorisation des PGC doit aider les producteurs à passer le cap. Il est clair que les produits consommés en France doivent être payés à leur juste prix. La FNPL a invité récemment les distributeurs puis les industriels à renégocier le prix d'achat du lait. Faute d'avoir payé les producteurs en 2014, les entreprises doivent permettre aux producteurs de passer le cap en 2015, même si les produits industriels sont à des niveaux très négatifs.

Comment faut-il procéder ?

H.M. La loi Hamon prévoit un dispositif de renégociation des clauses contractuelles pour les entreprises privées, ainsi que la loi d'Avenir pour les coopératives dans un contexte de forte volatilité. Les entreprises ont fait des propositions d'indicateurs qui jamais n'aboutissent à une renégociation. C'est pourquoi la FNPL demande aux entreprises d'actionner au plus vite la clause de renégociation et à France Agrimer d'officialiser immédiatement un indicateur de marge pertinent et son activation dans les clauses de renégociation prévues par la loi.

J'insiste, les producteurs ont besoin de trésorerie immédiatement. Un signal fort sur le prix de juillet est attendu pour permettre de couvrir les charges, à partir d'une revalorisation qui doit s'appuyer sur la valorisation des PGC français !

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