Terra 20 août 2012 à 09h47 | Par Audrey Dibet

Les randonnées se font gourmandes en baie de Quiberon

Les 1er et 2 août, l'office de tourisme de Plouharnel organisait ses premières randonnées gourmandes avec étapes dans des exploitations agricoles. L'occasion pour quelque deux cents locaux et vacanciers, de découvrir un secteur primaire très diversifié en baie de Quiberon.

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Lors des visites, les producteurs ont eu cœur à partager leur passion du métier. (© Audrey Dibet) locaux et touristes trouvent réponse à toutes leurs questions sur l'agriculture Plouharnelaise © Audrey Dibet La Terre de Plouharnel est favorable aux cultures légumières. © Audrey Dibet Les randonneurs ont fait escale sur l'entreprise horticole HPBS comprenant 4 000 m2 de serres couvertes et 1 000 m2 de serres verre. © Audrey Dibet Comme ses voisins agriculteurs, Jean-Noël Le Piouff vend la majorité de sa production en vente directe, sur l'exploitation ou sur les marchés © Audrey Dibet Dominique Le Visage est maraîcher depuis 37 ans. Il produit une large gamme sur ses 25 ha. © Audrey Dibet Pour expliquer le rôle des différents insectes auxiliaires utilisés en maraîchage, une feuille de concombre sert de support à un technicien Biobest. © Audrey Dibet

Plouharnel s'est fait connaître pour ses oignons, la fierté de cette commune rurale, dont 80 exploitations vivaient encore de la production dans les années 70. Elle est aussi le berceau historique de l'huître plate, produite aujourd'hui à raison de 1 200 tonnes par an, dans une baie qui concentre par ailleurs, la plus grande production française d'huîtres creuses immergées dans des parcs qui ne se découvrent jamais à marée basse.

Mais le tourisme est bel et bien devenu la principale activité de cette commune située en baie de Quiberon. Et bien que très diversifié, le visage agricole de Plouharnel reste méconnu. Un manque que l'office de tourisme a voulu combler en organisant cinq randonnées gourmandes les 1er et 2 août. « Je n'ai rien inventé. Je me suis simplement appuyé sur la richesse de notre agriculture et sur la bipolarité terre-mer qui caractérise Plouharnel », remarque la directrice de l'office, Madeleine Juberay, à l'origine de ce très bel événement, dont la chambre d'agriculture du Morbihan et le Comité régional de la conchyliculture étaient bien sûr les partenaires privilégiés.

 

Découvrir les productions de la terre et de la mer

En chemin, les randonneurs ont traversé les exploitations agricoles qui les accueillaient. Horticulteur, maraîcher, producteurs laitiers, ostréiculteurs, et même les deux abbayes ont ouvert leurs exploitations aux touristes. Des producteurs particulièrement accueillants ont fait découvrir leur métier. L'occasion également de proposer les produits (légumes, huîtres, miel...) à la dégustation et à la vente directe.

« Les gens ne s'attendent pas à voir des productions sur la côte. C'est une belle initiative de l'office de tourisme », se réjouit Jean-Noël Le Piouff, horticulteur à Plouharnel. Et c'est en profitant de l'ambiance tout-à-fait détendue de ce mois d'été que les randos gourmandes ont permis de sensibiliser un large public aux problématiques agricoles, de parler de l'enjeu des différentes filières et sans doute d'humaniser les relations producteur/consommateur.

L'office de tourisme est ravi du succès de cette première édition qui a attiré 206 personnes. L'opération ne demande qu'à être renouvelée l'été prochain.

 

Audrey Dibet

Une terre enrichie de sable et d'algues au fil des ans

Longtemps, la population plouharnelaise s’est tournée prioritairement vers la mer, les sols étant peu propices à l'agriculture car couverts de pelouses maritimes, de landes et de forêts arides, apprend-on à l'office de tourisme. Un tiers de la surface communale se situe en bord de mer, caractérisé par une importante concentration en carbonate de calcium. Le XIXème siècle marque un tournant important avec le développement sans précédent de l’agriculture. L’importance des constructions rurales de cette époque et le développement des granges, signe d’abondance des récoles, illustre encore aujourd’hui cette période de grande prospérité.

La rareté des sols fertiles a nécessité un travail de longue haleine et la mise en oeuvre de pratiques agronomiques spécifiques. Jusqu'aux années 70, les agriculteurs ont exporté les matériaux organiques utiles pour amender leurs meilleures terres et diminuer l'acidité des sols. Sable et laisse de mer (débris d'algues, coquillages...) étaient directement incorporés lors du labour, mais plus souvent, servaient d'abord de litières aux étables puis, enrichis des déjections animales, ils étaient répartis et enfouis comme amendement et fumure.

La pratique ancestrale de ces apports réguliers en matériaux dunaires riches en matière organiques, en sables et en particules calcaires aurait rehaussé certaines parcelles de 30 à 40 cm et modifié durablement les caractéristiques pédologiques des sols des meilleures terres, soit près d'un tiers de la commune sur la partie ouest.

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