Terra 26 janvier 2017 à 08h00 | Par Chantal Pape

Les réseaux sociaux ? Une formidable opportunité pour l'agriculture !

Après avoir exploré les relations agriculture-médias l'an passé, Agriculteurs de Bretagne a planché sur les réseaux sociaux le 19 janvier dernier, au Relecq-Kerhuon (29). Et les avis sont unanimes : pour mieux se faire connaître auprès des citoyens et des consommateurs, les agriculteurs ont tout intérêt à être présents sur Facebook, Twitter ou Instagram, à poster des vidéos sur YouTube...

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Agriculteur dans le Morbihan, élu à la chambre d'agriculture et à la FDSEA, Jean-René Menier est très présent sur Twitter.
Agriculteur dans le Morbihan, élu à la chambre d'agriculture et à la FDSEA, Jean-René Menier est très présent sur Twitter. - © Terra

C'est une simple remarque qui a tout déclenché". Agriculteur en périphérie de Lens, dans le Pas-de-Calais, Thierry Bailliet n'a pas supporté que son fils se fasse insulter au collège à cause de sa profession. "Je me suis dit qu'il fallait communiquer sur notre métier". Avec une caméra "toute simple", il se lance dans la création de vidéos, qu'il poste sur sa chaîne YouTube "Thierry agriculteur d'aujourd'hui". "Arrachage des pommes de terre, semis des céréales, conditionnement des oignons à la Cuma... : j'explique simplement ce que je fais, comment je le fais et pourquoi je le fais". Sans rien occulter ! "L'épandage de phytos, c'est plus compliqué...". Depuis trois ans, les vidéos se succèdent au rythme d'une par semaine. Et, très vite, le succès est au rendez-vous. "J'ai de nombreux retours sur Facebook ou Twitter".

Une photo, un message

"On peut dire ce qu'on pense, ça m'a plu". Producteur de céréales et de légumes transformés à Mauron (56), Jean-René Menier s'est lancé sur Twitter il y a quatre à cinq ans. Très actif, "entre 30 et 100 tweets par mois", il apprécie ce nouveau mode de communication, qui lui permet de toucher un large public, "500 personnes en moyenne par tweet, mais ça peut aller jusqu'à 3 000". Il en profite pour faire passer des messages, au détour d'une photo, "sur le bien-être animal aussi bien que sur l'emploi local". Et le format, 140 caractères, "oblige à être bref, précis, concis et à peser ses mots". Autre avantage de Twitter, et non des moindres, "son instantanéité ! Pas besoin d'être devant un ordinateur, un téléphone portable suffit pour saisir une photo et l'expédier".

26 agricultrices blogueuses au Canada

"Les gens sont déconnectés de ce qui se passe sur une ferme". Productrice de sirop d'érable au Canada, Natacha Lagarde a, elle aussi, ressenti le besoin de communiquer. Mais, plutôt que de le faire seule dans son coin, elle a lancé Agrimom, un blog qui réunit aujourd'hui 26 agricultrices, comme elle passionnées par leur métier et ayant envie de le faire partager au plus grand nombre. "Parce qu'on n'écoute pas ceux qui se plaignent tout le temps", Natacha l'a exigé dès le début, "c'est un blog d'agriculture positive : on parle de ce qui va bien". Et le groupe a donné aux unes et aux autres le courage de se lancer. "Avant publication, les textes sont relus en interne. Ça  permet de corriger les fautes d'orthographe. Ça permet surtout aux blogueuses d'écrire avec leur cœur, sans se soucier d'autre chose".

Un agriculteur par semaine aux Pays-Bas

"Je voulais pouvoir répondre à ces ONG qui critiquent l'agriculture". Aux Pays-Bas, ce souci de communiquer a poussé Caroline Vander Plas à imaginer Boerburgertweet, le tweet citoyen. "Chaque semaine, un agriculteur différent prend la main et explique son quotidien à partir de photos et petits textes". Cette semaine, c'est un éleveur de chèvres qui est aux manettes. Et lait, porc, céréales, tulipes, légumes... : au fil du temps, toutes les productions ont été balayées. "J'avais un bon carnet d'adresses pour démarrer. Et aujourd'hui, ce sont les agriculteurs qui me contactent".

Lever les freins

Si toutes ces expériences sont positives, les freins restent nombreux avant que les agriculteurs n'osent se lancer. "Communiquer doit faire partie de notre métier, insiste Jean-René Menier. J'en ai ras-le-bol d'entendre d'autres parler à notre place". "Il ne faut pas avoir peur, rajoute Thierry Bailliet. Plus de 98 % des messages que je reçois sont positifs. J'essaie de répondre aux attaques. Et si ça dérape, je mets fin à la discussion".

"Je n'irai jamais partager dans un groupe qui prône le sans sucre, avoue Natacha, dans un éclat de rire, avant de dévoiler sa technique. Quand j'ai des questions épineuses sur mon blog, je vais d'abord marcher dans la campagne... Il ne faut jamais répondre à chaud mais prendre un peu de recul, se laisser le temps de la réflexion". Et le groupe prend là tout son intérêt. "Nous pouvons nous épauler, profiter de l'expérience des unes et des autres, leur demander comment elles auraient fait dans la même situation".

Et Sophie Jézéquel, vice-présidente de la chambre d'agriculture du Finistère, de lancer un appel aux agriculteurs. "Nous sommes les mieux placés pour parler de notre métier ! Alors prenons la parole sur ce qui fait notre quotidien mais aussi notre fierté". Un conseil qu'Agriculteurs de Bretagne met déjà en pratique. "Avec 6 000 abonnés sur Facebook, on assiste à l'émergence d'une vraie communauté", note avec satisfaction Danielle Even, sa présidente. Également présente sur Twitter, l'association va ouvrir d'ici peu un compte Instagram.

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