Terra 03 octobre 2014 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Les ressources humaines se font une place en agriculture

Les exploitations agricoles bretonnes sont en pleine évolution et avec elles c'est toute l'organisation du travail qui est à repenser.

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La table ronde, organisée sur la plate-forme des chambres d’agriculture de Bretagne, a été suivie par un public nombreux.
La table ronde, organisée sur la plate-forme des chambres d’agriculture de Bretagne, a été suivie par un public nombreux. - © Terra

Lors du Space, la plate-forme recherche et développement était consacrée à ce sujet. Une table ronde sur le thème "Relationnel et ressources humaines au cœur de la stratégie d'entreprise" a notamment été organisée à cette occasion. "On ne peut pas tout apprendre à l'école et en tout état de cause, ce n'est pas en sortant de l'école que l'on sait manager. D'où l'importance de faire des stages, du salariat...", notait André Sergent, président de la plateforme. A titre d'exemple, Bruno Coeurdray, dirigeant de la société Netplus, indiquait l'attachement qu'il accorde à l'apprentissage. "Nous avons une quarantaine d'apprentis dans l'entreprise et la plupart sont embauchés à l'issue. C'est très intéressant car cela permet d'avoir un accompagnement avec le tutorat". On le voit, l'augmentation du nombre de salariés dans l'agriculture pousse à se poser des nouvelles questions et surtout à acquérir de nouvelles compétences, commen le management. Mais comme souvent, il n'y a pas une seule recette miracle ou un seul modèle, c'est à chacun de trouver les réponses, en fonction de ses objectifs et des particularités de son exploitation. En somme, un vrai travail sur mesure !

"L’habitude, le pire ennemi"

"En matière d’organisation du travail, les règles sont transposables d’un secteur à l’autre. Par contre le rapport au travail est extrêmement différent. En tant qu’agriculteur, on "vit" son travail, ce qui veut dire que notre vie est organisée autour du travail. Notre pire ennemi, c’est l’habitude. Cela nous permet d’établir un plan- ning tel qu’on peut l’anticiper mais cela traduit aussi une peur de l’inconnu. Pour casser cette peur, il faut prendre du recul, lister ses taches, identifier celles que l’on n’aime pas faire et regarder comment se faire aider pour celles-ci".

Charles-Antoine Pannetier, un des quatre associés d’un Gaec familial, où les week- ends sont travaillés à tour de rôle.
Charles-Antoine Pannetier, un des quatre associés d’un Gaec familial, où les week- ends sont travaillés à tour de rôle. - © Terra

S’organiser pour garder du temps libre

Pour Charles-Antoine Pannetier, jeune éleveur laitier à Noyal sur Vilaine, il est important de trouver le juste milieu entre temps passé au travail et revenu qu’on en dégage. À quatre associés, ils ont réorganisé le travail pour se dégager du temps libre malgré une activité très chargée sur l’exploitation en pleine restructuration. Après 3 rassemblements d’exploitations en cinq ans, leur Gaec est passé de 2 à 4 associés et de 90 vaches à 170. Installé depuis 2010 sur l’exploitation familiale, Charles-Antoine Pannetier arrive à prendre 4 semaines de congés par an et à se libérer 3 week- ends sur 4, en assurant le 4e week-end tout seul sur l’exploitation. La réunion de quatre éleveurs a permis des économies d’échelle, une diminution des charges, une meilleure rentabilité mais aussi une meilleure organisation du travail. "Il a fallu mécaniser, simplifier les tâches", témoignait Charles-Antoine Pannetier devant d’autres éleveurs réunis au Space par la Fédération régionale des Geda et Trame. Toute l’installation de traite a notamment été revue. Un roto 26 postes installé pour permettre de traire à une seule personne le troupeau de 170 vaches. Lorsqu’il est tout seul le week-end, "c’est costaud !, reconnaît Charles-Antoine, mais cela m’évite l’astreinte 1 week-end sur 2". En dehors des temps libres dégagés, les charges de travail restent élevées car les éleveurs ont eux-mêmes réalisé les travaux liés aux récentes évolutions de l’exploitation. Et les changements ne sont pas terminés : "avec le départ de mon oncle, un cousin viendra nous rejoindre. La production actuellement de 1,4 million de litres de lait devrait bientôt augmenter avec cette reprise. Mais on s’arrêtera là car nous voulons continuer à effectuer la traite tout seul". Enfin, les éleveurs envisagent de passer au DAC pour augmenter la productivité -actuellement de 8500 l/vache- et ainsi diminuer le nombre de vaches et la charge de travail. D’autres projets ? "Il faut s’arrêter un peu, on gagne notre vie correctement", estime Charles-Antoine Pannetier, qui apprécierait bien aussi "un peu de routine après cinq ans dans les travaux".

 

 

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