Terra 17 mars 2017 à 10h00 | Par Claire Le Clève

Manger français, solution pour retrouver de la valeur ajoutée ?

Partir à la reconquête du marché intérieur, c’est toute l’ambition des actions d’étiquetage et du Manger français. La solution pour retrouver de la valeur ajoutée ? JA 56 en a débattu, mardi soir à Muzillac lors de son assemblée générale.

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Pour la table ronde organisée sur le Manger français, Juliette Rebour, Gwenaël Bersan, François Vally, Yves Bleunven et Thomas Vivien
Pour la table ronde organisée sur le Manger français, Juliette Rebour, Gwenaël Bersan, François Vally, Yves Bleunven et Thomas Vivien - © Claire Le Clève

 

 

Impossible de faire abstraction de cette "année douloureuse", comme l’aura qualifiée Clément Cuvillier, membre du bureau national des Jeunes Agriculteurs venu aux côtés de JA56 pour revenir sur 2016, "avec ces jeunes qui s’engagent, s’il n’y a pas un réseau et des jeunes qui les portent ! ". 106 l’ont fait cette année dans le Morbihan, dans un contexte particulièrement incertain, le double du nombre des installations aidées connues en 2015. Les porter, c’est aussi s’engager sur la reconquête de la valeur ajoutée, "captée ailleurs quand on réclame son partage tout au long de la chaîne". "L’étincelle bretonne", allumée par les JA engagés dès 2010 pour rendre obligatoire la mention d’origine des viandes fraîches, "est devenue une loi mise en application pour 2 ans", une brèche pour la reconquête du marché intérieur. Car il y a "une grande différence entre la valorisation de nos produits sur notre territoire et à l’export", campera Thomas Guéguan, président de JA 56 posant les termes du débat consacré au Manger français.

Mouvement de fond

Côté distribution, certains s’y sont déjà engagés. "Cela nous paraissait une évidence, on l’a initié en 2016", campe le co-gérant du Système U de Carentoir soulignant l’application des démarches "Cœur de gamme" pour la viande bovine de troupeau allaitant ou le travail sur un lait breton baptisé Laitik’. Côté municipalités, celle de Grandchamp, s’y est lancée pour les 950 repas. Ils sont produits à un coût de revient de 5,12 euros dont 1,07 euros de coût alimentaire. Grâce au choix d’un prestataire intermédiaire dont "l’offre s’étoffe sur les produits français", la commune s’est affranchie de la gestation de l’appel d’offres par le prix. "Dans les marchés publics, il n’y a pas que le moins disant, il y à aussi y a aussi le mieux disant", insistera Yves Bleunven, maire de Grandchamp.

Affaire de volontés et d’organisation

Pour François Vally, porteur du dossier Manger français à la FRSEA, "avec la volonté des hommes on peut y arriver. St Malo, c’est 8 000 repas français servis par jour", illustre-t-il rappelant la place de la Bretagne en matière de productions agricoles, alors "le circuit-court, c’est manger français". Pour Thomas Vivien, pas de doute, "on a les volumes pour répondre aux marchés à condition que les prescripteurs respectent la saisonnalité".Tout un travail d’organisation se met en place. "La loi d’Avenir a permis de mettre en place les projet territoriaux alimentaires", rappellera le député Hervé Pellois. Laurent Kerlir, porteur du dossier à la chambre régionale d’agriculture rappellera "l’ambition alimentaire forte", l’illustrant par le salon Breizh’Alim où à Quimper, la semaine passée "45 grands acheteurs, après recensement des offres possibles, ont été mis en relation". Le chantier est ouvert, "il s’agit aussi de faire évoluer les pratiques, d’entrer d’autres critères que le prix en donnant la place aux agriculteurs bretons avec du lait au pâturage, du cochon de Bretagne..." détaille t-il, démarcation oblige.

Contexte favorable

Le contexte est là, favorable, "les gens ont compris que derrière les paysans, il y a de l’emploi", relève François Vally. "Servez de ce prescripteur qu’est la mère de famille, elle est redoutable", estime Yves Bleunven, côté consommateur. Et si le représentant de Système U pointe le "regain d’intérêt de la clientèle. Le consommateur veut du français mais cela ne se traduit pas toujours en acte d’achat", constate Gwenaël Bersan, à regret. On l’aura compris, manger français n’est "pas de miracle mais une des solutions", résumera Thomas Guégan, se ralliant à Frank Guéhénnec pour que "l’éleveur reprenne sa place dans l’organisation de la mise en marché. Lactalis, ce sont 17 OP, ça fait le jeu de l’entreprise".

Claire Le Clève

Accroche : "le circuit-court, c’est manger français".

 

 

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Trail de l’agriculture le 26 mars prochain à Kerguehennec, Bignan - © Claire le Clève

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