Terra 15 octobre 2015 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

l'avenir du MPB en suspend

La crise qui secoue la filière porcine n'en finit plus. Les abatteurs-acheteurs, absents le 8 octobre au marché du porc breton, reviendront-ils au cadran ? Plus que jamais, une épée de Damoclès pèse sur le marché du porc breton.

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Alors que le temps presse pour sauver cet outil collectif bâti par la génération précédente, rien de concret, ni de tangible ne se dessine.
Alors que le temps presse pour sauver cet outil collectif bâti par la génération précédente, rien de concret, ni de tangible ne se dessine. - © Terra

L'avenir du marché du porc breton n'a jamais semblé aussi incertain. Une nouvelle fois, deux abatteurs-acheteurs (groupe Bernard, Jean Floc'h) n'ont pas participé à la cotation du 8 octobre, en plus de Bigard et Cooperl. Les 50 400 porcs inscrits au catalogue n'ont pas été vendus, le marché a été reporté d'une semaine au jeudi 15 octobre.

Une évolution du MPB toujours attendue

Des discussions visant à réformer le MPB ont bien été engagées mais n’ont pas abouti à ce jour après les 15 jours de délai convenu. Dans un communiqué, le comité régional porcin dénonce la gravité de la situation. "Trois réunions de travail se sont tenues mais l’absence des deux abatteurs leaders, demandeurs de l’évolution des règles de fonctionnement du MPB, à la réunion finale et conclusive du lundi 5 octobre n’autorise pas l’adoption de la réforme pour ce jeudi 8 octobre". Pas de réforme du MPB donc pour le moment... François Pot, le nouveau président du MPB, assure que les réunions de travail se poursuivent à un rythme soutenu en présence des différents groupes, à l'exception de Bigard qui ne se présente plus. "Nous avons une réunion de travail organisée presque tous les jours sur des points d'évolution. Il ne s'agit pas d'une réforme du marché au cadran mais d'une adaptation", insiste le président du marché, qui espère une "sortie vers le haut" de la crise actuelle.

Des prix fixés à tour de rôle

Mais depuis le début du mois d'août, depuis les défections de Bigard et Cooperl, la situation s'enlise. Alors que le temps presse pour sauver cet outil collectif bâti par la génération précédente, rien de concret, ni de tangible ne se dessine. Alors qui sera présent ce jeudi 15 octobre ? Nul ne se risque à une prédiction en ce début de semaine, pas même les responsables du marché.

Le pouvoir est passée dans le camp des abatteurs acheteurs, qui pourraient décider de signer les derniers jours de l'outil. Au MPB, l'écart se creuse entre les acheteurs, ceux de la distribution - Kermené et Josselin Porc Abattage - et les autres. À tour de rôle, Bigard, Cooperl et Bernard fixent à la baisse leur prix "maison". Lundi, Cooperl annonçait un prix d'achat à 1,22 €/kg, Bigard, 1,25 €/kg. La FNP dénonce l'hypocrisie, condamnant "la spirale infernale à la baisse - suicidaire pour la filière porcine française - dans laquelle se sont engagés les deux premiers opérateurs porcins de l’abattage, Bigard et Cooperl, tous deux adhérents du Sniv-SNCP (Ndlr, renommé Culture Viande) . Quel comble pour des opérateurs qui dénoncent depuis des années la concurrence exacerbée à l’export et les distorsions de concurrence intra-européennes entre bassins de production, de réaliser un dumping baissier et fixer des cours du porc différents à l’intérieur même de notre propre pays !"

Quant à Jean-Paul Bigard, qui évoquait lors du congrès de Culture Viande (ex Sniv-SNCP), un MPB "suranné, inadapté et empêchant d'afficher la réalité d'un cours résultant d'une véritable confrontation de l'offre et de la demande" (source La France Agricole), il n'est pas présent aux réunions de travail du marché. Aurait-il décidé tout bonnement la fin du MPB ?

10 à 15 % des porcs font chuter le prix

Les élus de la chambre d'agriculture des Côtes d'Armor ont entamé une démarche auprès des acteurs de la filière. Dans un communiqué, ils proposent aux acteurs spécialisés que soit explorée une cotation différentielle du porc entre le marché "national" et les marchés plus concurrentiels à l'export. "Chaque semaine, quelques milliers de porcs, plus difficiles à valoriser, provoquent la chute de prix sur l'ensemble des porcs. En effet, 10 à 15 % de la production est surcotée d'environ 5 à 700 000 € mais coûte, sur l'ensemble des animaux, 4 millions d'euros aux éleveurs du grand Ouest (10 ct/kg de baisse de prix au MPB)."

Les élus souhaiteraient que soient pris en compte la réceptivité des distributeurs et des consommateurs à la qualité des viandes françaises ; la problématique de dégagement sur certains marchés et les propositions du ministre sur la contractualisation avec le souhait de conserver une référence de prix à la production.

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