Terra 11 janvier 2018 à 08h00 | Par Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes d’Armor

Mes vœux ? Garder la mémoire !

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Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes d’Armor
Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes d’Armor - © Terra

L’année 2018 commence et avec elle sa litanie des vœux. Ces bons mots que l’on nous chante du 1er au 31 janvier, et puis après… Après… c’est surtout ne pas tourner trop vite la page de 2017, car à la suite du discours d’Edouard Philippe prononcé le 21 décembre à Bercy, certains conjuguent déjà les États généraux de l'alimentation au passé. Au contraire, le véritable chantier commence maintenant. Pour donner suite aux annonces, il faut que ces conclusions se traduisent urgemment en projet de loi, et très vite en actes. Depuis juillet dernier, les travaux des États généraux ont consommé beaucoup de temps et d’énergie pour nos organisations nationales généralistes et spécialisées. Les plans de filières tout autant. Ce n’est pas une perte de temps, mais à nous maintenant de prendre localement le relais. L’action syndicale lancée en région Bretagne et dans nos départements est, depuis décembre dernier, centrée sur les élus de la Nation, à l’Assemblée nationale et au Sénat. Pourquoi ? Nous savons que nous entrons maintenant dans "le dur", dans le rapport de force qui au grès des actions de lobbying de la distribution, des environnementalistes, des anti-viandes… et de la profession agricole va faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Deux chantiers cruciaux sont devant nous : le projet de loi "Etats généraux de l’alimentation" et, moins connu, le projet dit "droit à l’erreur". Derrière ces titres, c’est notamment l’enjeu du rééquilibrage des relations commerciales pour mettre fin à la guerre des prix, garantir la transparence et la répartition équitable de la valeur jusqu’aux producteurs. C’est aussi celui de l’inscription dans la loi de l’arrêt de la surtransposition, la simplification administrative et le principe de confiance. Voilà ce que les producteurs attendent. Malgré les discours et les intentions, nous gardons notre esprit critique et la mémoire de l’automne 2017, avec les annonces franco-françaises sur le glyphosate et, cerise sur le gâteau, l’abandon de la réduction des sept points de cotisation Amexa. Il faut que nos parlementaires aient tous les éléments en main, qu’ils sachent pourquoi ils sont élus et surtout qu’ils gardent bien en tête que l’agriculture française, et l’élevage en particulier, continuera à perdre des places sur l’échiquier économique mondial si elle ne retrouve pas une compétitivité structurelle ou si elle est sacrifiée sur l’autel de nouveaux accords de libre-échange. Pour atteindre cet objectif, comptez sur nous. Nous nous y employons déjà et cela continuera autant qu’il le faudra. Les vœux du syndicalisme ? Je disais de 2017, que ce serait une année charnière. Ça a été le cas. 2018, doit être celle des décisions… pour du retour de prix dans nos exploitations.

Très belle et bonne année à tous.

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