Terra 05 juillet 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

Méthanisation : ils ont choisi un système autonome et local

Si la méthanisation à la ferme est courante outre Rhin, elle est encore peu implantée en France, malgré la volonté affichée par Stéphane Le Foll d'arriver à 1 000 installations en 2020. Pour le moment, le Finistère compte moins d'une dizaine d'unités en fonctionnement. Visite guidée de celle du Gaec du Millier, à Beuzec Cap Sizun.

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De gauche à droite, au premier rang, Xavier Manceau, directeur commercial de SDMO, Claude, André, Nicole et Quentin Sergent, agriculteurs à Beuzec Cap Sizun, derrière Alain Christien, dirigeant du groupe Christien Défi, et Grégoire Deroo, directeur de Maiveo.
De gauche à droite, au premier rang, Xavier Manceau, directeur commercial de SDMO, Claude, André, Nicole et Quentin Sergent, agriculteurs à Beuzec Cap Sizun, derrière Alain Christien, dirigeant du groupe Christien Défi, et Grégoire Deroo, directeur de Maiveo. - © Chantal Pape

Producteur de lait et de porc à Beuzec Cap Sizun, sur une exploitation qui compte 3 associés et 5 salariés, André Sergent vient de se doter d'un méthaniseur. Et il a profité des nombreuses animations organisées en cette fin juin pour mieux faire connaître cette nouvelle activité : portes ouvertes Innov'action le vendredi 26, à destination des agriculteurs, et Tous à la ferme, le dimanche 28, cette fois pour le grand public.

 

Faire travailler les entreprises locales

 

A tous, il a rappelé les priorités qui l'ont guidé tout au long de sa réflexion. "Je voulais faire travailler les gens d'ici". Pari tenu : si la technologie est italienne, l'entreprise chargée de la mettre en musique, Maiveo, est quimpéroise. Et le moteur chargé de la cogénération est fourni par le brestois SDMO. "Pour assurer la maintenance et faire face aux pannes, c'est plus rassurant".

 

Etre autonome

 

"Je voulais aussi un système qui soit autonome", rajoute André Sergent. Même s'il ne refusera pas de se saisir de quelques opportunités, "comme des pommes de terre il y a peu", le méthaniseur est prévu pour fonctionner uniquement à partir des déjections de l'élevage, lisiers et fumiers des bovins et des porcs, auxquels se rajoutera de la biomasse produite sur l'exploitation. "Et là, tout reste à imaginer", indique Quentin, le fils de Nicole et André Sergent.

Son BTS productions végétales en poche, c'est à lui qu'il revient d'alimenter le digesteur au quotidien. Pas question d'y mettre du maïs ou de l'herbe : contrairement à l'Allemagne, la France refuse de subventionner la méthanisation de cultures alimentaires. Quentin prévoit d'utiliser les refus des laitières, la menue-paille..., mais compte aussi faire évoluer les rotations et tester de nouvelles intercultures, plus méthanogènes.

 

Fournir de l'électricité à 600 foyers

 

Si le digesteur est alimenté depuis deux mois déjà, le temps nécessaire à la mise en place du système biologique, la production d'électricité va démarrer d'ici quelques jours. "L'unité de méthanisation, de 207 kW, fournira l'équivalent de 600 foyers", précise André Sergent. Mais, pour bénéficier d'un tarif de rachat plus avantageux de la part d'EDF, il lui a fallu imaginer une valorisation pour la chaleur produite par le moteur de la cogénération. "Elle va servir à chauffer les porcheries. Mais aussi, à terme, à sécher du fourrage, des céréales et du compost".

L'investissement est de taille, 1,4 million d'euros, mais André Sergent en est convaincu, "il confortera l'élevage". Il va aussi permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre de plus de 500 t de CO2, l'équivalent de 3,5 millions de kilomètres en voiture. Mais il reste encore à lever quelques freins. "Il est incroyable que nos voisins ne puissent pas utiliser le digestat comme amendement, au lieu d'acheter de l'engrais minéral". Une partie devra donc prendre le chemin de la station de traitement...

 

 

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