Terra 21 septembre 2017 à 08h00 | Par Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes d’Armor

Ne nous décevez pas

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Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes d’Armor
Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes d’Armor - © Terra

Alors que les observateurs se félicitent des signes d’une reprise économique globale, notamment en Bretagne, je constate sur le plan agricole l’émergence d’une fracture entre ceux qui prennent le train de la croissance et ceux qui restent en marge, sciemment, ou par résignation.

Fracture entre ceux qui fondent des espoirs béats sur les ateliers des États Généraux de l’Alimentation (EGA), et les cyniques qui, sans débat, n’en attendent rien.

Effet d’une communication bien maitrisée, marque d’un temps nouveau ? On croirait le Français aujourd’hui plus disposé à regarder le verre à moitié plein, plutôt qu’à moitié vide. C’est en soi le début d’une révolution culturelle !

Mais, notre réalité quotidienne, celle de nos familles, celle de nos voisins est loin de cette préoccupation. Les attentes dans nos campagnes sont grandes, pragmatiques, immédiates. Aussi notre projet ne peut qu’être offensif et efficace :

- Offensif car le rééquilibrage des relations commerciales avec la grande distribution est une condition nécessaire pour redonner au producteur la valeur qui est celle de son travail. Nous nous y employons depuis des années, et les EGA sont une partie de la réponse que nous attendons. Seul, ce rééquilibrage ne sera pas suffisant, car nos marchés sont ouverts sur l’Europe et sur le monde. Raisonner les solutions sous l’angle strictement national, c’est oublier qu’il est impératif de gagner la compétitivité qui sera nécessaire pour nous mettre à niveau de nos plus proches voisins. Ces derniers sont, par exemple en porc, en capacité de doubler leur production, alors que dans le même temps la France enregistre une baisse de cinq millions de têtes.

- Efficace car face à l’imbroglio et au melting pot des ateliers des EGA, il nous faut trouver les alliances intelligentes. Ce combat c’est le nôtre et celui des filières agricoles dans toutes nos diversités, pas celui des énarques, des ONG, des collectivités, aux végans et autres sectaires qui imposeraient un modèle unique et restrictif. Je me fais le porte-parole de mes collègues et je formule l’espoir que ces EGA soient un terreau favorable pour qu’émergent de vraies solutions permettant une juste rémunération des produits agricoles. Mais plus encore, je formule l’espoir que les agricultrices et agriculteurs retrouvent une reconnaissance, une juste place à la hauteur des enjeux alimentaires et sociétaux auxquels ils doivent faire face. La conclusion que nous attendons des EGA est celle-ci, pas une autre.

Monsieur Macron, Mesdames et Messieurs les élus, j'ai moi aussi noté la date du 11 octobre dans mon agenda. Dans vos postures, et vos annonces, ne nous décevez pas.

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