Terra 03 mars 2016 à 08h00 | Par Thierry Coué, président de la FRSEA

Ne pas renoncer !

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © H.B

Rarement il a été possible de ressentir une telle détresse dans les campagnes françaises. Pourtant, qui a entendu spontanément les cris de désespoir, les appels au secours des agriculteurs et des responsables syndicaux ? Bien peu en vérité. Après des mois d'actions, on reprochera aux agriculteurs leurs accès de colère, et leurs formes de revendications. Mais pourquoi notre profession n'est-elle pas entendue lorsqu'elle appelle à l'aide ? Quel mécanisme infernal rend les représentants de l'État et les parlementaires sourds aux demandes d'un monde rural, même lorsqu'il meurt sous leurs yeux ? Je suis fier de voir mes collègues ne pas baisser les bras et renoncer, même dans les pires difficultés. Notre combat n'est ni vain, ni corporatiste. C'est un combat d'intérêt public.

Il est trop tôt pour un bilan, mais je suis certain d'avoir enfin obtenu des avancées majeures.

Nous sommes sur la voie d'un environnement plus favorable à la compétitivité de notre agriculture. Nous avons obtenu une baisse des charges sociales de 25 % ! Enfin, notre pays s'engage dans la diminution des distorsions de concurrence qui plombent notre agriculture, et vers un alignement de nos contraintes sur celles de nos concurrents européens ! Enfin, le rapprochement de la réglementation environnementale française vers les seules exigences européennes a commencé ! Mais il reste tant de chemin à faire !

Comment garantir aux producteurs de ne plus vendre à perte ? La pression mise sur les distributeurs aboutit aujourd’hui à des engagements qui doivent être appliqués au plus vite ; pour les producteurs de porcs, un fonds d’urgence pour 6 mois, puis une revalorisation du prix du porc français ; pour les producteurs de lait, le maintien de la valorisation du lait par une majorité de distributeurs.

Nous attendons maintenant des industriels qu'ils assurent le retour aux agriculteurs. Le Gouvernement doit, de son côté, sécuriser juridiquement ces relations commerciales, en incluant dans la loi de modernisation de l’économie, la prise en compte des coûts de revient dans la fixation des prix.

La troisième étape se joue à Bruxelles. La régulation au sein du marché européen est une nécessité. Elle doit garantir le rétablissement d’un niveau de prix rémunérateur pour les agriculteurs. La France a entamé un bras de fer avec la Commission et cherche des soutiens auprès des autres pays. Elle doit aussi obtenir l’étiquetage d’origine obligatoire des produits, y compris transformés, afin de répondre à la demande des consommateurs, comme le ministre s'y est engagé.

Grâce à la mobilisation des agriculteurs, nous avons fait bouger les lignes. Notre travail de fond, notamment auprès des politiques, trouve enfin un écho positif. Mais ce n’est pas terminé. Les caméras vont bientôt oublier les agriculteurs, à nous de faire en sorte que le mouvement perdure et crée les conditions au dynamisme d’une agriculture familiale, productive, créatrice de valeur et d’emplois en Bretagne. Les agriculteurs, les FDSEA et les JA ne renoncent pas.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui