Terra 25 février 2016 à 08h00 | Par Claire Le Clève

"Ne pas sacrifier l'avenir au présent"

La crise de l'élevage est "profonde et lancinante". Mais que ce soit à Berric, mardi dernier, ou jeudi, lors de la session de la chambre, après les constats, ce sont des leviers d'actions que les élus ont présenté, pour rebondir et défendre l'agriculture. Car le pire serait de "sacrifier l'avenir au présent", insiste Laurent Kerlir.

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C'est sur l'exploitation des associés du Gaec des prés à Berric, Gilles Le Pironnec, Yann Charton et Anthony Rouillé, que Laurent Kerlir et Alain Guihard ont présenté les accompagnements de la chambre d'agriculture pour passer la crise.
C'est sur l'exploitation des associés du Gaec des prés à Berric, Gilles Le Pironnec, Yann Charton et Anthony Rouillé, que Laurent Kerlir et Alain Guihard ont présenté les accompagnements de la chambre d'agriculture pour passer la crise. - © C.L.C

 

"Pour sortir de cette crise, il y a un panel de solutions à faire agir ensemble. Elles sont identifiées et mettent en lumière la responsabilité de tous les acteurs", pose d'emblée Laurent Kerlir pour qui l'objectif premier est bien "de rebondir et défendre notre agriculture". Et le président de la chambre d'agriculture du Morbihan de brosser par niveau, depuis l'Europe, en passant par l’État, les GMS, les filières, jusqu'à chaque exploitation, les pistes qui s'ouvrent pour ne pas obérer l'avenir de l'agriculture. Un effort collectif, "sans oublier personne, y compris les exploitants en difficulté. Pour passer des caps difficiles, il y a des outils*, nous accompagnons tous les agriculteurs mais il faut pas attendre", insiste Alain Guihard, vice président.

Se projeter

Reste qu'à l'échelle de l’exploitation, "il faut avoir des repères technico-économiques. Chacun doit connaître son prix d'équilibre pour pouvoir se projeter en matière de gestion d'entreprise et d'investissements. Dynavenir est un outil créé pour cela avec l'Etat et la Région", insiste Laurent Kerlir. Une telle démarche de diagnostic du système d’exploitation avec leviers pour améliorer le revenu, a été réalisée au Gaec des prés à Berric. Car la mise aux normes et la transformation de la stabulation en 110 logettes pesaient lourds pour les associés historiques avec 600 000 l. "Nous étions à 340 euros des 1000 l de prix d’équilibre. Notre premier levier pour optimiser le coût de production a été de faire baisser le coût alimentaire grâce à l’affouragement en vert", inventorie Anthony Rouillé en pointant un gain de 10 euros des 1000 L. Le deuxième ? "en diluant les charges de structure par du volume supplémentaire produit, 400 000 l, grâce à l'arrivée de Yann. Et la troisième est d'entrer dans le projet collectif 100 % agricolede méthanisation porté par Sem'Agri, en injectant le biogaz dans le réseau de la commune. On va pérenniser l’exploitation par rapport à l'évolution du cheptel. Le lisier frais sera stocké sur le site de méthanisation, plus besoin de nouvelle fosse ni d'épandage. Avec le digestat, on économisera 50 % d'engrais azoté minéral", développe pour l'avenir, Anthony Rouillé, président de Cuma intégrale et fervent adepte de l'approche collective.

Claire Le Clève

 

 

*Une plaquette à destination des responsables professionnels agricoles vient d'être éditer pour informer, orienter et accompagner de manière concrète les agriculteurs en difficulté

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