Terra 04 février 2016 à 08h00 | Par Thierry Merret Président de la FDSEA du Finistère

Nul n'aura raison de notre détermination !

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © Terra

Quand Stéphane Le Foll se met en colère, ce n’est pas pour se battre pour l’agriculture, mais pour défendre son image dans les médias. Ne lui en déplaise, à M’sieur le ministre, les "syndicalistes du coin" ne demandent pas, eux, à passer à la télévision ! Les "syndicalistes du coin" demandent aux politiques de se mettre au travail sans délai pour que les paysans dégagent du revenu, et pour sortir nos filières agricoles et agroalimentaires de l’impasse. Ce n’est pas à coups de carnet de chèque que le ministre de l’agriculture va garantir l’avenir d’un pan entier de l’économie française. Et c’est encore moins à coups de plans de reconversion des paysans que le conseil régional va définir une stratégie pour l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire bretons.

L’urgence est d’en finir avec les distorsions de concurrence fiscales, sociales et environnementales qui plombent notre compétitivité. Le gouvernement a également l’obligation d’aboutir sur l’étiquetage de l’origine des produits transformés : c’est un dossier emblématique, dont l’issue est vivement attendue par l’ensemble des agriculteurs et consommateurs français.

La proposition de loi en faveur de la compétitivité de l’agriculture et de l’agroalimentaire, adoptée par le Sénat le 9 décembre dernier, ne résoud pas tout, mais c’est déjà un début de réponse à nos demandes. Avec une agriculture à genoux, quelle provocation de voir le sort qui a été réservé à ce texte : il a fait l’objet d’un torpillage politique en règle par les députés de la majorité lors de son examen en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, le 27 janvier dernier ! Il est plus que temps que nos décideurs politiques se rassemblent autour de l’économie et de la compétitivité de nos filières.

Par ailleurs, l’État met tout en œuvre pour réduire les agriculteurs à des "casseurs", et ainsi décrédibiliser les actions syndicales. Alors même que les abus de la grande distribution font partie des causes structurelles du désarroi et de la faillite du monde agricole, le préfet de la région Bretagne se range du côté des GMS, leur offrant la protection et la bienveillance de l’État ! Et c’est encore nous qui devrions subir l’arsenal répressif de l’État ? C’est inadmissible.

Le préfet Strzoda a affirmé : "nous ne partons pas en guerre, mais nous disons que le moment est trop grave pour laisser continuer ces manifestations". Doutons que l’État ne soit pas déjà parti en guerre contre le monde paysan.

L’heure est au rassemblement des forces vives de notre pays.

Nul n’aura raison de notre détermination.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui