Terra 04 décembre 2014 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Oust : "la partie est gagnée"

Ils ne cessent de s'améliorer ces résultats sur la qualité d'eau de l'Oust, en Côtes d'Armor comme en Morbihan. "La partie est gagnée" ont assuré à Rohan, lundi dernier, les acteurs impliqués dans cette reconquête dont personne ne cache pourtant la fragilité. Collectifs et individuels, les efforts sont à maintenir avec un plan d'actions opérationnel.

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Les efforts déployés pour améliorer la qualité de l'eau de l'oust portent leurs fruitsn mais sont à conforter estiment les représentants des collectivités, de l'etat et des chambres d'agriculture partenaires de cette reconquête
Les efforts déployés pour améliorer la qualité de l'eau de l'oust portent leurs fruitsn mais sont à conforter estiment les représentants des collectivités, de l'etat et des chambres d'agriculture partenaires de cette reconquête - © Claire le Clève

 

 

Ils soufflent ! Zéro jour de dépassement de la norme des 50 milligrammes de nitrates au captage d'eau potable de la Herbinaye qui récolte une eau de surface issue pour 2/3 des Côtes d'Armor et 1/3 du Morbihan . "C'est inespéré", a reconnu Laurent Kerlir, président de la chambre d'agriculture du Morbihan. Le couperet n'était pourtant pas passé loin, en 2013, avec 14 jours au dessus de cette norme, sur les 18 autorisés. Le risque est toujours là, rappelé par l'agence régionale de la santé. "La tendance est à la baisse. Les valeurs diminuent mais la situation reste fragile avec des teneurs toujours proches de 50 mg/l". Et chacun de soulignerer l'importance de ce pompage, particulièrement pour l'alimentation en eau potable des Morbihannais qui bénéficient d'une interconnexion de sécurisation de tout le réseau.

 

Diagnostic "sur mesure"

 

Alors oui, le captage de la Herbinaye sur l'Oust, classé comme "prioritaire", est déterminant pour le Morbihan. Et il fallait le préserver au prix d'efforts reconnus par tous. "Saluer les efforts des agriculteurs, saluer le préfet qui a cru en nous et mis en place un plan volontariste quand il a été question d'arriver à une zone soumise à contraintes environnementales et que du réglementaire aurait pu encore s'ajouter à du réglementaire" a souligné Laurent Kerlir insistant sur le cycle vertueux de lier "environnement et approche économique". Des efforts structurés à partir de 2011 autour d'un comité de pilotage associant l'État, le Grand Bassin de l'Oust, syndicat mixte coté Morbihannais et son homologue costarmoricain du Cidéral, mais aussi les chambres d'agriculture des deux départements et le service public d'eau potable du 56. Le tout autour d'un plan d'actions volontaires totalement financé incluant communication, accompagnements collectifs sur des plates-formes d'essais, accompagnements individuels avec campagnes d'analyses (275), 192 MAE signées, 91 diagnostics agricoles avec suivis engagés pour aller encore plus loin sur les pratiques, diminuer les fuites d'azote, calibrer les capacités de stockage des effluents sur les exploitations, établir des rotations adaptées aux enjeux environnementaux, renforcer l'autonomie alimentaire des troupeaux par le pâturage (lire encadré)..."Ces diagnostics permettent de dégager des pistes et donnent des leviers. Il n'y a pas besoin de changer de système, on a tous des pistes d'amélioration. Avec des petits efforts de chacun sur nos exploitations on arrive à de grands résultats" a pointé Gwénael Corbel, agriculteur à Baud, membre du Comité Locale de l'Eau.

 

Claire Le Clève

 

Accroche : De l'eau qu'on regardait comme le lait sur le feu avec cette peur de dépasser les 18 jours

 

Sur l'exploitation de Claudie Picaud, l'aménagement parcellaire est essentiel pour réduire la pression au pâturage
Sur l'exploitation de Claudie Picaud, l'aménagement parcellaire est essentiel pour réduire la pression au pâturage - © Claire le Clève

Encadré

Garder l'herbe pâturée

69 ha, 77 vaches et 600 000 litres de lait, Claudie Picaud a rejoint en 1996 deux associés sur leur exploitation à Bulléon avec un parcellaire compliqué. "On souhaitait se projeter à deux ou trois ans, il ne nous restait pas beaucoup de marge de manoeuvre. Nous avons opté pour le diagnostic qui a pointé une bonne fertilisation azotée, de bonnes capacités de stockage d'effluents mais une rotation moins bonne avec une pression au pâturage élevée liée au morcellement de nos parcelles", témoigne Claudie Picaud. Le souhait ? "L'herbe pâturée reste prioritaire pour vivre de notre revenu. Les leviers, c'est aménager notre parcellaire et passer de 17 ares disponibles par vaches, à 22. Ce sont des chemins d'accès à rénover ou à créer sur plus de 500 m avec un coût minimal de 53 500 euros. C'est la solution pour baisser de 20 % la pression au pâturage et les fuites d'azotes qui y sont liées..."

Photo de Claudie Picaud

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