Terra 19 mai 2017 à 08h00 | Par Propos recueillis par Arnaud Marlet

Ovins : "attention à l'inertie"

Rencontré quelques jours avant l'assemblée générale de la coopérative, le président de la section ovine d'Ovi Ouest (Ter'élevage), Guy Personne a confié son souhait de ne pas se réprésenter à la tête de la structure. Pour Terra, il revient sur ces années en responsabilité et les raisons qui motivent son choix.

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Guy Personne, président de la section ovine d'Ovi Ouest.
Guy Personne, président de la section ovine d'Ovi Ouest. - © Terra

En 2011, l'organisation de producteurs Ovi Ouest, rejoint l'Union Ter'élevage, quelles étaient les raisons de ce rapprochement ?

Guy Personne. Un premier rapport sur la filière nous avait alertés sur la nécessité de restructurer la filière ovine, avec moins d'organisations de producteurs pour obtenir une taille de structure suffisamment importante aux alentours de 40 000 brebis minimum. Même si notre petite structure se portait bien, on voyait bien notre production baisser et c'était donc légitime de s'interroger sur notre pérennité. On a donc fait le choix de Ter'élevage, sous la tutelle de Terrena. En regroupant les structures, cela permet de peser davantage sur les marchés et aussi de mener des actions sur la logistique, comme le transport et les aspects techniques.

 

Cette assemblée générale est la dernière que vous présidez. Pourquoi souhaitez-vous aujourd'hui passer la main ?

G.P. C'est un ensemble de motivations qui m'amènent aujourd'hui à prendre du recul. Au niveau personnel, tout d'abord, après 25 ans de responsabilité, et à l'âge de 55 ans, je pense qu'il est temps de faire place au renouvellement. Par ailleurs, lorsque nous avons fusionné au sein de Ter'élevage, le seul bémol que j'avais exprimé était qu'il fallait à tout prix que nous éleveurs, puissions nous impliquer pour faire entendre notre voix au sein d'un groupe car avec la taille importante des structures, c'est aussi l'inertie qui nous guette. Aujourd'hui je fais le constat d'une dissolution de nos responsabilités, et que la structure ne prend pas forcément le sens que je souhaitais. Je pense qu'il vaut mieux avoir la lucidité de prendre du recul avant de devenir "un boulet". En revanche je souhaiterai rester membre du conseil de gestion pour continuer mes fonctions de président de la section ovine du GIE Elevages de Bretagne.

 

Après ces années en tant que président, quelles satisfactions retenez-vous et quel regard portez-vous sur la filière ?

G.P. Au titre de la structure, le partenariat avec SVA a permis d'assoire la production en signe qualité (CCP) et par ailleurs la production label rouge a pratiquement doublé de volume en trois ans. La production française ne représente que 40 à 50 % de notre consommation. Dans ces conditions, vous ne pouvez pas peser sur le marché. Il faut donc d'autres solutions et cela passe par la qualité. Au niveau national sur la filière ovine, la tendance en nombre de producteurs est à la baisse. En Bretagne, on a réussi à stopper l'hémorragie, notamment grâce à des dispositifs comme Top installation, en lien avec Ter'élevage qui permettent un accompagnement à la création d'un atelier et une sécurisation auprès des banques. Après, dans une région de plaine comme la nôtre, on n'a pas d'autre choix que de faire du volume et de la qualité. Pour ce qui est des prix, cette année a été moyenne, avec toujours ce contexte de consommation qui s'effrite, et un prix à l'étal qui augmente.

 

Vous semblez très attaché à la question du renouvellement des générations ?

G.P. Oui, avec le foncier, le renouvellement des générations représente notre problématique principale. En ovins, on commence à voir de nouveaux porteurs de projets avec des profils différents comme des agriculteurs qui décident d'arrêter l'élevage bovin lait pour venir en ovins. On a besoin d'outils pour les accompagner. On verra aussi de plus en plus de projets portés par des gens non issus du monde agricole et il faut donc être attentif dans leur accompagnement.

 

L'activité 2016


100 adhérents (401 adhérents en Ter’élevage)

20 948 ovins commercialisés (115 405 ovins commercialisés en Ter'élevage)

Répartition par catégorie d’animaux : agneaux viande : 75 % , réformes : 7,4 %, repros : 3,7 %, maigres : 0,3 %, agnelets : 13,6 %,

Répartition des volumes d'agneaux en filières : 58 % en démarche qualité

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