Terra 10 novembre 2016 à 08h00 | Par hierry Merret, président de la FDSEA du Finistère

PAC 2020 : attention, les grandes manœuvres commencent !

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Cet hiver, trois campagnes PAC vont se télescoper : 2015, 2016 et 2017 ! Alors que la simplification est un enjeu à part entière, on atteint un summum de complexité qui ôte clairement du sens à la PAC. Cette complexification tend à creuser le fossé entre l’Europe et ses agriculteurs. Pourtant, quelle que soit notre production, s’il n’y avait pas eu de PAC en 2016 (pas de paiement de base, pas de paiement vert…), où en serions-nous ?

Submergés par la paperasse quotidienne et les difficultés financières, nous avons tous la tête dans le guidon. Pourtant, il est plus que nécessaire que nous prenions de la hauteur pour appréhender les grands manœuvres qui se profilent déjà pour la PAC d’après 2020 ! Après les crises successives sur les réfugiés, le Brexit, et plus récemment sur le blocage wallon concernant l’accord commercial entre l’UE et le Canada, l’Europe de demain, ne sera pas celle d’hier. La grosse machine tend à se gripper, et pourrait vaciller si l'on n’y prend garde ! Même la PAC, politique fondatrice de l’Europe, et seule politique qui reste commune à ce jour, peut en faire les frais tant les divergences semblent se creuser entre les États membres.

Même si, avec la PAC actuelle, nous sommes confrontés à de graves difficultés, faut-il vraiment jeter le bébé avec l’eau du bain ? Prenons garde au mirage des outils assurantiels pour affronter les "aléas" économiques. Doit-on rêver d’une politique agricole européenne qui ne serait qu’une politique "à la carte", relevant d’un budget et d’une compétence partagée entre l’Union et ses États membres, et qui serait dès lors synonyme d’encore plus de distorsions de concurrence ? Permettez-moi d'en douter.

La rencontre dite du triangle de Weimar entre les ministres de l’agriculture français, allemand et polonais qui s’est récemment tenue au Mans pourrait s’avérer être le début d’un marchandage à la petite semaine entre les grandes puissances agricoles européennes, sur base d’une "shopping liste" : la Pologne a obtenu le soutien pour un financement sur la peste porcine africaine, la France a obtenu le soutien sur les mesures de gestion de crise. Et l’Allemagne ? Face à l’adversité et aux crises, le repli sur soi est une tentation. Mais est-ce la solution pour l’agriculture, et tout particulièrement pour l’agriculture bretonne ? Je ne le pense pas. En effet, sur les deux piliers de la PAC, des mesures visent à faciliter la coopération entre les producteurs (au travers notamment du renforcement constant du cadre juridique des OP et de leurs associations). Ces outils issus de la PAC peuvent servir à dynamiser la compétitivité, à réduire les coûts, à renforcer le pouvoir des producteurs dans la chaîne alimentaire, à améliorer la couverture du risque, y compris économique. Si nous voulons que la France reste dans la compétition européenne, des mesures existent, et ne demandent qu’à être déployées !

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