Terra 10 novembre 2017 à 08h00 | Par Jean Dubé

PAC post 2020 : la région votera en décembre

La région #Bretagne avait lancé quatre réunions publiques en septembre 2017 avec pour ambition de définir la position de la région sur la #PAC post 2020. Ces contributions ont été enrichies de quelques 110 interventions d'internautes. Vendredi dernier, Loïg Chesnais-Girard et Olivier Allain ont présenté la synthèse de cette consultation qui servira de base à un texte voté le 15 décembre.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Olivier Allain, vice-président du conseil régional, s'est félicité de la qualité des débats.
Olivier Allain, vice-président du conseil régional, s'est félicité de la qualité des débats. - © Terra

C'est sans doute une première en France. La région Bretagne a décidé de s'emparer du dossier de la PAC post 2020 et veut absolument produire une proposition. Dans l'esprit des responsables, il ne s'agit pas seulement d'une posture. Leur but est de peser dans le débat qui s'ouvre dans l'esprit des États généraux, de permettre à la région d'être force de propositions, de participer à la prise de décision, et pas uniquement sur le second pilier de la PAC que gère l'entité territoriale.

350 personnes mobilisées

Au total, les quatre réunions de consultation organisées en septembre dans les quatre départements auront mobilisé 350 personnes. 142 personnes ont participé à la consultation en ligne qui aura recueilli 110 contributions écrites. Une participation sans doute un peu faible mais on peut imaginer que sur ces questions techniques et européennes, ce sont surtout les reponsables professionnels et les élus qui se sont sentis concernés.

Loïg Chesnais-Girard comme Olivier Allain se sont malgré tout félicité de la qualité des débats et du fait qu'il soit possible de trouver des points de convergence malgré la diversité des contributeurs. Vendredi à Pontivy, leur ambition a été de présenter ces points de convergence qui constitueront la trame du texte que l'assemblée territoriale sera invitée à voter le 15 décembre.

Leadership régional

Les élus territoriaux ne s'en cachent pas. Avec ce vote, ils souhaitent réaliser des actions de lobying auprès des décideurs européens pour tenter de faire adopter leurs demandes. Par ailleurs, ils veulent intervenir auprès de leurs homologues des autres régions européennes pour qu'ils agissent de même et, ainsi, aboutissent à une meilleur représentation des propositions des régions sur le second mais aussi la premier pilier de la PAC.

D'ailleurs, Loïg Chesnais-Girard se voit bien en porte-parole de la "ligne de la région Bretagne", et pas seulement porteur de la "ligne du conseil régional". Son but serait de "défendre une agriculture unique et diverse", une "agriculture qui est aussi l'avenir de la région".

De plus en plus de voix s'élèvent en France et en Europe pour repousser le débat de la PAC post 2020 de deux ou trois années, du fait du Brexit notamment. Mais la région Bretagne poursuit son action et ne modifie pas son calendrier de travail. Au cours des débats, la remarque a d'ailleurs été formulée que certaines propositions n'intégrent pas suffisamment l'impact de la signature éventuelle d'accords commerciaux bilatéraux internationaux, comme le CETA, le Mercosur.

Convergences

À ce stade des débats, et c'était l'ambition de la réunion bilan de vendredi, les initiateurs de la démarche mettent en avant les convergences. Il soulignent aussi le fait que, globalement, un consensus se dessine sur les grandes questions posées, notamment lorqu'il s'agit d'évoquer les mesures à mettre en place pour garantir un revenu stable aux agriculteurs, ou encore pour répondre aux enjeux sociétaux.

Cinq orientations ont été listées. Elles contitueront l'architecture de la position bretonne (voir encadré). À noter dans les questions évoquées lors des quatre réunions l'attachement au cadre européen et l'opposition à une stratégie de régionalisation du premier pilier de la PAC. Les Bretons défendent cette idée d'une politique commune européenne. Ils imaginent le renforcement d'une gestion régionalisée uniquement dans l'hypothèse d'un renforcement du second pilier, et la reterritorialisation des objectifs de l'agriculture.

Le conseil régional posait vendredi dernier à Pontivy les premières pierres de la position régionale. Mais, comme le disait Loïg Chesnais-Girard, "la fin de ce temps de débat ne signifie surtout pas la fin du débat" sur la PAC. On peut d'ailleurs parier qu'il continue pendant encore longtemps.

 

Cinq propositions

Cinq propositions constitueront la colone vertébrale de la position du conseil régional.

1 / Une Politique Agricole et Alimentaire Commune (PAAC) fondée sur un budget à la hauteur des objectifs et une mise en œuvre simplifiée ;

2 / Une PAAC créatrice de lien social et d’emplois, consacrant la cohabitation des différents modes de production et l’anticipation des évolutions sociétales ;

3 / Une palette d’instruments adéquats, accessibles et combinés pour palier les risques climatiques, économiques et sanitaires ;

4 / Un plafonnement des aides orientées à la production et conditionnées au statut d’agriculteur actif ;

5 / Un renforcement du second pilier soutenant le renouvellement générationnel et les mesures innovantes d’adaptation environnementale et d’amélioration de la compétitivité ;

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui