Terra 09 avril 2015 à 08h00 | Par Claire Le Clève

PH 56 se penche sur le plan écoantibio

Affaire de santé publique, la réduction des antibiotiques était au menu de l'assemblée générale de l'association Prim'Holstein 56. Comment y parvenir ? Praticien à Gourin, le docteur vétérinaire Jean Christophe Lamer, a fait le tour de la question devant 90 éleveurs.

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Jean-Christophe Lamer docteur vétérinaire à Gourin.
Jean-Christophe Lamer docteur vétérinaire à Gourin. - © jean luc Cucheval

 

 

Le sujet intéresse. "Je n'ai pas pour habitude d'avoir des seringues dans les poches", confie Jean-François Guillaume, president du syndicat Prim'Holstein 56. Il est comme la plupart des éleveurs responsables. "On n'abuse pas des antibiotiques mais on prend parfois une marge de sécurité parce quon sait ce que nous coûte une vache à mamite au tarrissement", poursuit-il. Un foyer infectieux, réservoir à germes qui ne demandent qu'à croître et se multiplier...

 

Préserver l'arsenal thérapeutique

Réduire l'antibio thérapie, c'est nécéssaire, alors oui, ils y sont prêts. Mais comment ? C'est aussi la question d'actualité posée à Jean-Christophe Lamer qui a rappelé la demande sociétale pour la réduction de l'usage d'antibiotiques en élevage, afin de protéger la population. Mais les citoyens devront également faire un effort selon le slogan "les antibiotiques c'est pas automatique". Car depuis 75 ans, date de leur développement*, l'utilisation des antibiotiques s'est généralisée. "Sur la population humaine, on assiste à un phénomène d'antibiorésistance, d'où la perspective de développement de nouveaux antibiotiques réduite", pointe ce spécialiste. Le plan écoantibio veut imposer la réduction de leur usage en médecine vétérinaire de 25% en 5 ans avec comme objectif essentiel, celui de préserver de manière durable l'arsenal thérapeutique. Un cadre est fixé pour les bovins. Il passe par le "développement des stratégies vaccinales pour veaux de boucherie et bovins à l'engrais. C'est la limitation du recours aux fluoroquinoxes pour les diarrhées néonatales ainsi que des pratiques différenciées du traitement au tarissement", détaillera t-il. La prise de conscience est là et le traitement intrammaire est passé de 1.68 en 1999 par vache et par an, à 1.5 en 2013.

 

Prévention et génétique

Les pratiques évoluent sensiblement et pour les éleveurs, les solutions passeront essentiellement par des moyens de prévention renforcés : isolement lors d'introduction d'animaux, maîtrise des circuits nettoyage et désinfection sans relâche. Si ces pricinpes sont connus, "il faudra être plus rigoureux", prévient Jean-Christophe Lamer . En alternative, "il ne faudra pas systématiser les traitements antibiotiques lors de boiterie des vaches et des diarrhées des veaux". Michel Lancien de Prim Holstein France est venu en appui de cette intervention rappeler que la génétique apporte sa quote-part de solutions à la demande de réduction d'antibiotiques. Des études statistiques prouvent que le poste mamelle a une grande influence sur les taux cellulaires. Il existe une relation entre index cellule et taux cellulaire. Ainsi, "pour diminuer l'utilisation d'antibiotiques et augmenter le bénéfice de par la génétique, il est prouvé aujourd'hui que 1 point d'index cellule c'est 40% de cellules en moins et qu'un point d'index mamite clinique c'est 4% de cas en moins". En un mot, "il est important de bien choisir les taureaux en index STMA , de privilégier à index équivalent le taureau le plus fiable et de ne pas relacher la selection sur le poste mamelle". Et c'est à Quistinic, sur l'élevage le Floch en Gaec à trois, que les adhérents du syndicat se sont retrouvés, l'après midi, pour découvrir un troupeau de 100 vaches laitières dotées de nombreux prix en concours dont un 1er prix au space 2014, deux premiers prix à Pontivu 2014 et un premier prix au SIA avec "Bretagne", l'aboutissement de tout un travail.

 

Jean Luc Cucheval et Claire le Clève

 


 

 

 

Bretagne, fruit d'un long travail sur l'élevage le Floch à Quistinic, a fait un premier prix au SIA cette année
Bretagne, fruit d'un long travail sur l'élevage le Floch à Quistinic, a fait un premier prix au SIA cette année - © JLCucheval
Et c'est à Quistinic, sur l'élevage le Floch en Gaec à trois, que les adhérents du syndicat se sont retrouvés, l'après midi, pour découvrir un troupeau de 100 vaches laitières dotées de nombreux prix en concours
Et c'est à Quistinic, sur l'élevage le Floch en Gaec à trois, que les adhérents du syndicat se sont retrouvés, l'après midi, pour découvrir un troupeau de 100 vaches laitières dotées de nombreux prix en concours - © j l cucheval

le saviez vous ?

Antibiotiques : 75 ans d'utilisation massive

On doit la découvert de la pénicilline à Alexander Fleming. Une découverte due au pur hasard, s'il en est. Ce biologiste anglais de 47 ans, en septembre 1928, est de retour de ses vacances. Il constate que ses boites de Pétri, où il faisait proliférer des staphylocoques, sont envahies de colonies cotonneuses. Elles ont été contaminées par un champignon microscopique, Penicillium notatum, que sont voisin de paillasse utilise. Mais le plus fort : autour des colonies, le staphylocoque ne pousse pas... Il faudra attendre aout 1940 pour que la revue the Lancet publie le résultat des premiers développements.

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