Terra 17 mars 2016 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Pique-nique géant à Vannes

Elles veulent vivre de leur métier et ont voulu un réveil des consciences en organisant dimanche ce rassemblement. Le SOS de la famille agricole, lancé depuis l'esplanade du port de Vannes, par les agricultrices du Morbihan a-t-il été entendu jusqu'à Bruxelles ? Retour sur ces échanges et témoignages ( à lire également en page 9 de TERRA) qui ont placé l'humain au centre de la ferme morbihannaise. Une ferme qui tangue face à la crise et craint de chavirer si rien ne bouge.

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Laurène Dano, étudiante en licence pro management des entreprises agricoles
Laurène Dano, étudiante en licence pro management des entreprises agricoles - © C.L.C

Relais de pédalage

760 kilomètres à parcourir depuis Vannes pour atteindre Bruxelles, siège du conseil européen des 28 ministres de l'agriculture et se faire entendre sur "l'urgence à remettre en place des outils de régulation et à reprendre en main notre destin". Elles l'ont fait, se relayant durant près de 4 heures sur la rangée de vélos d'appartement alignés sur la tribune trônant sur l'esplanade du port de Vannes, avec des hommes, des enfants et d'autres femmes et hommes du milieu agricole venus les soutenir.

 

"Nous ne maîtrisons plus rien"

Au micro, Thérèse Le Clanche, agricultrice d'Elven à la retraite depuis 13 ans, retrace sa carrière, vient dire son soutien et souligner "quand nous avons fait nos emprunts ou fait des bâtiments, on nous a dit : vous êtes des chefs d'entreprises, mais quand nous vendons nos produits, nous ne maîtrisons plus rien. Quel chef d'entreprise peut supporter cela ?"


"Être coupable de ne pas réussir"

"Il faut que les exploitants arrêtent de rester seuls", prévient Maryline Bessaguet chargée de mission en Bretagne par la FNSEA pour venir en aide auprès des entreprises agricoles en difficulté. "Ils se sentent coupables de ne pas réussir alors qu'ils maîtrisent leur travail, la qualité de leurs produits mais pas de leur prix ! Comment se projeter, c'est très lourd", les défend-t-elle en les accompagnant en toute confidentialité.

 

 

"Gardons espoir, mangeons français"

"J'ai été 27 ans chez Galina et Doux", témoigne Catherine Le Névé-Perrot. "On avait un savoir faire qui est en train de disparaître. On est allé produire au Brésil des poulets. Résultats ? Ils nous reviennent moins chers et nous avons été 1 000 à être licenciés en 2012. Aujourd'hui, certains n'ont pas retrouvé de travail. Pour un agriculteur, votre métier fait vivre 7 autres personnes. Gardons espoir et mangeons français"

 

"Il faut que les jeunes reviennent"

Parce qu'elle veut s'installer un jour, c'est un message d'espoir que Laurène Dano, 20 ans, étudiante en licence pro management des entreprises agricoles, est venue porter. "J'ai eu une petite révélation. Si on veut se nourrir demain, il faut que les jeunes se bougent pour revenir vers l'agriculture. J'y crois, ça me donne envie de m'installer. Il va y avoir beaucoup d'exploitations à reprendre, s'il n'y a pas d'installations, il va y avoir un malaise".

 

Claire le Clève

une foule attentive à l'écoute de témoignages forts
une foule attentive à l'écoute de témoignages forts - © C.L.C
un relais de pédalage sur les 760 km qui séparent Vannes de Bruxelles
un relais de pédalage sur les 760 km qui séparent Vannes de Bruxelles - © C.L.C

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