Terra 02 mars 2017 à 09h00 | Par Claire Le Clève

Pour ses 30 ans, le GAB fête une "belle année 2016"

Une année 2016 de tous les records, c’est ce que le groupement des agriculteurs biologiques du Morbihan a célébré, mardi dernier, à Moréac lors de son assemblée générale et pour ses 30 ans. Après la vague de conversions et d’installations en bio, la structuration de nouvelles filières, le dynamisme de la consommation, c’est une opportunité de territoire que ses responsables revendiquent. Rencontre avec Fabien Tigeot, éleveur allaitant en race Limousine à Bohal, président du GAB.

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Fabien Tigeote est éleveur allaitant en race Limousine à Bohal, président du GAB
Fabien Tigeote est éleveur allaitant en race Limousine à Bohal, président du GAB - © Claire Le Clève

 

Terra : Comment se porte l’agriculture biologique dans le Morbihan ?

Fabien  Tigeot : On a connu un très belle année 2016. Une année record en matière d’installations et de conversions avec 106 nouvelles fermes en un an. Plus 23 % d’adhérents aussi, c’est de bon augure pour l’avenir et très satisfaisant pour les 30 ans du Gab. Et le marché est porteur, lui aussi a augmenté dans les mêmes proportions. 20 % en un an, le consommateur est demandeur. Et si on ne représente que 6 % de la SAU, il reste 94 % à prendre. Il faut rester offensif et optimiste. Accepter les conversions des gens qui veulent y aller, les mettre en garde car ce n’est pas la panacée, et les accompagner. C’est ce qu’on fait en embauchant une personne de plus au Gab qui compte neuf salariés désormais, avec Valérian sur le domaine élevage pour les aspects techniques, l’accompagnement. En bio, on a des systèmes économiques rentables à condition de garder des principes de bon sens au travers du cahier des charges. C’est adapter le nombre de vaches à ce qu’on est capable de nourrir !

Terra : Quelles actions principales développées en 2016 ?

Fabien  Tigeot : Nous restons très impliqués dans le parcours à l’installation, 30 % l’ont été en bio en 2016, c’est très encourageant. On travaille également sur la transmission, c’est déterminant. On s’investit aussi dans la promotion des produits bio auprès des consommateurs. On a lancé le Défi familles sur Vannes et Ploermel. 73 familles ont pu augmenter ainsi leur consommation de produits alimentaires biologiques locaux sans augmenter leur budget. C’est possible dans une région comme la nôtre où il y a matière. Idem sur le travail en restauration collective. Certains opérateurs en lait où légumes de conserves recherchent des surfaces et de la matière première. Je pense à la journée technique organisée en haricot. A nous de nous organiser sur ces filières là, on a été capable de le faire en lait avec Biolait, en viande avec BVB. Le fait d’être un syndicat permet aussi de construire ces filières là avec notre socle du cahier des charges. Ce n’est pas qu’un logo, c’est toute une démarche de valeurs pour faire une bio engagée et constructive.

Terra : Comment accompagner ce changement d’échelle ?

Fabien  Tigeot : Toutes nos actions et le travail accompli sont à mettre en parallèle avec cette progression, faire en sorte qu’il n’y ait pas d’à-coups. De nouveaux opérateurs arrivent avec des ambitions économiques, il y a des besoins en porcs, légumes… il y à beaucoup à construire de manière équitable et durable. On ne veut pas faire de la bio au rabais. On a la chance d’avoir un logo AB européen, il faut le faire avancer, le tirer vers le haut. On s’interroge aujourd’hui sur le financement du développement de la bio dans nos structures. On vient de perdre celui du conseil départemental avec lequel on avait toujours bien travaillé. Une perte sèche de 90 000 euros, c’est regrettable. Quelle vision portent les politiques pour la bio sur leur territoire ? Nous considérons que c’est une opportunité. Le marché bio français atteindrait 7 milliards d'euros en 2016. Nous devons être présents auprès des nouveaux EPCI pour construire avec eux, notamment les projets alimentaires territoriaux, plus de bio dans les restauration collective, tout cela à avoir avec la qualité de l’eau, l’emploi. Il y a plein de sujets qui nous concernent avec de nombreux projets à construire avec les collectivités locales.

Claire Le Clève

 



La bio en chiffres

560 fermes fin 2016 dont 106 nouvelles, soit 7,5 % des exploitations et 6 % de la SAU départementales. 27 % sont en lait et 25 % en légumes, 10 % en grandes cultures suivies à parts égales, par 7 % en bovins viande et volailles.

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