Terra 20 février 2013 à 13h55 | Par C. Pape

Production laitière - Le prix ne couvre plus le coût de revient

Malgré une demande mondiale de lait orientée à la hausse, les producteurs français souffrent. Petit tour d'horizon avec Pascale Van Belleghem, du bureau d'études chambre d'agriculture - CER France Finistère.

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Pascale Van Belleghem, du bureau d'études Chambre d'agriculture-Cerfrance Finistère, est intervenue lors de l'AG Pie rouge des Plaines, le 14 février dernier à Pleyben (29).
Pascale Van Belleghem, du bureau d'études Chambre d'agriculture-Cerfrance Finistère, est intervenue lors de l'AG Pie rouge des Plaines, le 14 février dernier à Pleyben (29). - © TERRA
"Sur ces 5 dernières années, la production mondiale de lait a progressé de + 2,4 % par an", indique Pascale Van Belleghem, du bureau d'études chambre d'agriculture - CER France Finistère. Une augmentation inégalement répartie : si l'Europe est quasiment stable, + 2,7  en 5 ans, l'Amérique du Sud progresse de plus 20 %, suivie de près par l'Afrique, + 18 %. Et, à elle seule, l'Asie a produit 44 millions de tonnes supplémentaires, plus de la moitié de l'augmentation mondiale de ces 5 dernières années.


7 % de la production s'échange

Mais, si la production mondiale de lait s'élève à 760 millions de tonnes, les échanges ne concernent que 53 millions de tonnes, soit 7 % seulement de la production. "A elle seule, la Chine en importe 12 %", calcule Pascale Van Belleghem. Une Chine qui voit son appétit de produits laitiers croître au gré de l'augmentation du niveau de vie de ses 1,4 milliard d'habitants, mais dont 30 % du cheptel souffre de problèmes sanitaires, pour une production qui plafonne à 4 600 l/vache en moyenne. "Et, même si la Nouvelle-Zélande fournit 32% du lait qui s'échange sur les marchés mondiaux, elle ne pourra pas, à elle seule, répondre à la demande". En témoignent les investissements que les Chinois s'apprêtent à réaliser à Carhaix, attirés par l'image de qualité du lait français.


Des cours à la hausse

Avec une consommation mondiale qui croît plus vite que la production, les cours des produits industriels sont orientés à la hausse : 1 500 à 2000 €/t début 2004, 3 500 à 4 500 €/t début 2013. "Mais les cours sont très volatils, rappelle Pascale Van Belleghem. Ils ont frôlé les 6 000€/t début 2008 pour retomber en-dessous des 3 000 €/t un an plus tard". Une volatilité qui semble désormais la norme. "Les cours ont à nouveau chuté mi 2012 mais semblent repartis à la hausse". Petite nouveauté : le prix du lait payé en France se rapproche des cours mondiaux, ce qui le rend plus compétitif à l'export. "Ce n'était pas le cas avant 2007".


Une mauvaise récolte

Alors que le marché mondial repart à la hausse, les producteurs français souffrent. "En 2012, le prix moyen payé était de 326 €, contre 338 € en 2011, indique Pascale Van Belleghem. Et, dans le même temps, le coût du concentré a flambé et tend vers les 60 €/1000 l quand il se situait en-dessous des 45 € en 2010. Et le coût fourrager, lui aussi, a augmenté, à cause d'une mauvaise récolte 2012". L'effet ciseau est impitoyable et le prix du lait ne couvre plus le coût de revient. "Il manque, en moyenne, de l'ordre de 30 €/1000 l. Mais les écarts entre exploitations sont énormes et il peut manquer jusqu'à 100 €. Certaines situations sont très compliquées".



Chantal Pape

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