Terra 14 juillet 2017 à 08h00 | Par sabelle Sicot, chambres d’agriculture de Bretagne

Quels systèmes laitiers d’avenir ?

Des groupes d’éleveurs se sont réunis dans plusieurs régions françaises pour réfléchir aux systèmes laitiers les plus adaptés à l’avenir. Pour la Bretagne, le groupe Prospective lait de Ploërmel (56) a accepté le challenge et s’est projeté dans quinze ans.

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Créé en 2008, le groupe Prospective lait de Ploërmel, animé par les chambres d’agriculture de Bretagne rencontre régulièrement des interlocuteurs du secteur agricole ou non. Il fait partie du réseau de groupes de développement Res’agri 56.
Créé en 2008, le groupe Prospective lait de Ploërmel, animé par les chambres d’agriculture de Bretagne rencontre régulièrement des interlocuteurs du secteur agricole ou non. Il fait partie du réseau de groupes de développement Res’agri 56. - © Terra

Lancée par l’Institut de l’élevage et les chambres d’agriculture, avec le soutien de la Confédération nationale de l’élevage, l’étude "Systèmes herbivores d’avenir" s’appuie sur quatorze groupes d’éleveurs en France. Chaque groupe a répondu à trois questions : quels sont les enjeux prioritaires à prendre en compte pour être là demain ? quels sont les principaux points de fragilité des systèmes actuels ? compte-tenu des enjeux et des points de fragilité à lever, quels systèmes pourraient exister dans quinze ans ? L’idée de ce travail de prospective n’est pas de prédire l'avenir mais doit permettre de réfléchir sur les futurs possibles.

Enjeux et points de fragilité

L’absence de visibilité des marchés et le manque d’anticipation face aux fluctuations de prix est le premier point de fragilité recensé par le groupe. Il faudrait que tous les éleveurs laitiers créent une épargne de précaution, encore faudrait-il un prix du lait qui la permette.

Autre talon d’Achille : les agriculteurs ne sont pas bons communicants malgré les efforts déjà consentis. Les attaques de certaines associations peuvent être perturbantes voire destructrices pour l’élevage. L’image de la production (pâturage, bien-être animal, respect de l’environnement…) doit être un réel point de vigilance ; avec des craintes exprimées sur l’évolution de la réglementation. Mais c’est aussi une opportunité de meilleure valorisation du prix du lait.

Temps d'astreinte et surcharge

Les notions de temps d’astreinte, de besoin de confort, de surcharge de travail, de vie sociale ont aussi largement été mises en avant. Avec cette image de chefs d’exploitation fatigués qui courent partout. Il faudra aider les éleveurs à se former à la gestion de main d’œuvre, au management. Et des investissements seront nécessaires pour gagner en confort.

D’autres enjeux ont été listés : la nécessité de politiques agricoles qui encouragent et défendent les producteurs ; le réchauffement climatique et ses conséquences ; la transmissibilité des exploitations et ses modes de financements nouveaux à trouver ; un partage nécessaire de savoir-faire entre agriculteurs…

Cohérence du système

Pour le groupe, les éleveurs devront trouver leur voie et être cohérent dedans. La robustesse d’un système viendra de sa capacité à faire face à tous ces enjeux. L’éleveur de demain devra être polyvalent : connaître son troupeau, savoir acheter et vendre, savoir manager et gérer son entreprise, être formé et bien communiquer.

Deux voies spécialisées retenues

Le système "économe et autonome" générera du résultat économique par la maîtrise des charges. Ce système devra valoriser auprès du consommateur ses externalités positives (qualités de l’air, de l’eau, biodiversité). L’outil sera fonctionnel pour deux associés et un salarié à mi-temps. Le troupeau d’une centaine de vaches sera conduit en croisement de races. Le système fourrager sera basé sur l’herbe et des espèces résistantes à la sécheresse. Les travaux des cultures seront délégués. Les investissements plus limités seront orientés vers le confort de travail.

Le système "grands troupeaux et automatisé" produira du revenu grâce à une forte productivité des surfaces, des animaux et des hommes. Techniquement très performants, les deux associés et leurs deux salariés géreront 300 vaches et plus de 300 hectares. Un bâtiment de 150 places datant de 2017 sera agrandi. Des investissements seront faits pour gagner en productivité : robot de traite, caméras, distributeur et pousse fourrages. La dépendance aux intrants sera compensée par une réelle stratégie d’achats. Une unité de méthanisation individuelle et des panneaux photovoltaïques pourraient être présents.

Reste à tester la capacité de résistance économique de ces deux systèmes laitiers.
Rendez-vous cet hiver pour la suite de cette étude !

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