Terra 17 avril 2014 à 08h00 | Par Thierry Merret Président de la FDSEA du Finistère

Redonnons à la Bretagne les moyens nécessaires pour entreprendre

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Doux, Gad, Amice-Soquet, Tilly-Sabco, Boutet-Nicolas, Marine Harvest, mais aussi PSA, Alcatel-Lucent… Autant de noms qui sonnent comme de tristes symboles pour la Bretagne.

Certains parlent de désastre, ou de fin du modèle économique breton. Faudrait-il avoir la mémoire courte pour oublier que notre Bretagne a été florissante, et qu’elle a encore les ressorts de la prospérité ? Nous, Bretons, n’avons pas une culture de rentiers ! Un coup d’œil dans le rétroviseur s’impose ! Entre terre et mer, entre modernisation et innovation, la Bretagne s’est imposée comme un territoire remarquable par son dynamisme économique, sa volonté d’entreprendre, et son esprit d’ouverture. Mais l’économie bretonne s’est aussi construite dans la résistance et la solidarité !

Pour Hubert Bonin, professeur à Science Po Bordeaux, "le milieu du XIXème siècle fut une période de splendeur [pour la Bretagne]. Pêcheries, chantiers navals,…: les ports bruissaient d’activités. L’élevage fournissait les tanneurs et l’industrie de la chaussure. (…) Entre 1850-1880, l’arrivée du rail permit d’exporter les produits agricoles. (…) Au début des années 60, des militants du syndicalisme agricole, conscients de la persistance de la pauvreté dans les campagnes bretonnes, cherchent à faire évoluer la condition paysanne. La modernisation passe par la création d’usines de transformation; pour permettre de pérenniser les revenus (1)". Les années 60 sonnent le début des luttes paysannes, au travers d’un leader charismatique, Alexis Gourvennec. S’ajoutent les actions du CELIB (2), né d’un constat accablant sur la situation économique bretonne (tiens donc !) et de la nécessité que les Bretons prennent eux-mêmes leur avenir en main (l’histoire se répéterait-elle ?). Se développent des coopératives bretonnes de lait et d’élevage au sein de l’Office Central. Hubert Bonin souligne que "l’apogée est atteint dans les années 1980-1990. L’ouest rural prospère, fait vivre des villes riches en usines, en entrepôts logistiques et en sociétés de transport routier".  Que d’énergie ! Quel bouillonnement ! Le fruit du travail de Bretons qui, pour reprendre l’expression de Marc Twain, ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait !

Des espoirs existent, grâce une agriculture et un agroalimentaire bretons performants et innovants. Mais il est urgent de mettre un coup d’accélérateur, notamment pour renforcer notre compétitivité, et l’exportation de nos produits ! Vendons haut et fort l’excellence environnementale et sanitaire de l’agriculture bretonne, car c’est un atout majeur. Le nouveau premier ministre a déclaré vouloir mettre l’action du gouvernement au service des entreprises, pour libérer les énergies : rien de moins que le leitmotiv de celles et ceux qui veulent vivre, décider, et travailler en Bretagne !

 

(1) La Bretagne, entre régionalisme et ouverture, Hubert Bonin, Le Monde éco&entreprise, 29 mars 2014

(2) Comité d’étude et de liaison des intérêts bretons

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