Terra 25 janvier 2018 à 01h00 | Par Danièle Even, présidente de la chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor

Relancer une dynamique collective emploi formation en agriculture

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Danièle Even, présidente de la chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor
Danièle Even, présidente de la chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor - © Terra

La question de l’emploi est devenue majeure et globale en agriculture. Nombre d’entreprises du secteur agricole proposent des emplois durables, mais ne trouvent pas ou très difficilement des candidats. En 2016, les AEF ont collecté 22 000 offres d’emplois, dont une proportion non négligeable n’ont pas été pourvues. Si le nombre de candidats potentiels baisse, c’est aussi tout simplement que le nombre de personnes entrant en formation commence à baisser. Cette réalité est inquiétante, mais d’autres indicateurs nous alertent. Du côté de l’enseignement agricole en Bretagne, si les effectifs ont été presque stables à la rentrée 2017 avec 16 000 jeunes, l’évolution des effectifs en formation dans le secteur de la production montre déjà un léger recul. Les actions de formation professionnelles montées pour répondre aux besoins des employeurs, peinent à trouver leur public, notamment les demandeurs d’emploi ou les adultes intéressés par une reconversion professionnelle. On peut aujourd’hui véritablement parler d’une désaffection vis-à-vis de l’agriculture, qui menace la pérennité de certains ateliers ou exploitations. Des agriculteurs baissent les bras, découragés de ne pouvoir trouver de salariés, malgré le contexte global de l’économie française.

Les rencontres que nous avons ce début d’année dans les territoires de la région font ressortir une très forte inquiétude des agricultrices et agriculteurs. Les crises successives qui touchent l’ensemble des filières bretonnes, le poids des réglementations, du travail, des tâches administratives, mais aussi les remises en questions, parfois virulentes, de nos modes de productions, expliquent leurs interrogations pour l’avenir.

Face à ce constat, il est urgent que des décisions soient prises sur le plan politique et que des chantiers tels que les États généraux de l’alimentation débouchent sur des solutions concrètes pour revaloriser le travail des agriculteurs.

Et il est tout aussi urgent de redonner envie de venir travailler en agriculture aux jeunes, aux adultes, qui envisagent de se reconvertir ou qui veulent travailler en milieu rural. Nous y travaillons entre chambre d’agriculture et syndicalisme depuis plusieurs mois. Ce chantier est aussi ouvert avec l’ensemble des réseaux d’enseignement, la DRAAF et le conseil régional, pour analyser les motivations et les freins des jeunes par rapport aux métiers de la production.

Dans ce contexte, notre responsabilité est de communiquer collectivement et positivement sur notre métier, en utilisant sans doute mieux les réseaux sociaux, pour accueillir et motiver les jeunes en phase d’orientation, de stage, d’apprentissage, ou les adultes en formation professionnelle.

Parce que ces jeunes, cette énergie, ce savoir, c’est aussi le dynamisme et le futur de l’agriculture bretonne.

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