Terra 18 février 2016 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Remplacement : L'accident ou la bonne raison de s'assurer

"Avec la crise, il y a des charges dans lesquelles on est obligé de tailler. L'assurance remplacement du Seremor, c'est bien la dernière à laquelle on touchera !", s'exclame François Morice, l'un des trois associés du Gaec Gwetlet e vo (On verra bien) à Limerzel. Deux d'entre eux, l'an passé, ont été victimes d'un accident de travail et remplacés.

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Sur ce Gaec à 3 associés, François Morice et son épouse ont été victimes d'un accident de travail l'an dernier, avec deux arrêts de travail à la clé. Leur remplacement a été mis en place dans la foulée par le Seremor.
Sur ce Gaec à 3 associés, François Morice et son épouse ont été victimes d'un accident de travail l'an dernier, avec deux arrêts de travail à la clé. Leur remplacement a été mis en place dans la foulée par le Seremor. - © claire le clève

 

 

Depuis la création du Gaec, en 1997, chaque associé dont Marie-Claude, son épouse, et Pierre-Yves Brohan, son beau frère, a souscrit l'assurance accident, maladie, décès du Sérémor*. Un coût de 598 euros/personne et par an, avec 50 euros d'adhésion. "Le prix de la tranquillité" pour cette exploitation qui vient de refaire la stabulation avec logettes accueillant 90 VL et la suite, avec 2 robots de traite neufs et un poulailler de 8500 poules repro, le tout sur 135 ha dont 70 ha de prairies. Pour faire face, chacun joue de polyvalence. Un investissement lourd dans un contexte tendu où toute économie est bonne à prendre. "Cette somme, ça peut faire tousser mais le jour où il y a un pépin... C'est tellement difficile de trouver de la main-d’œuvre dans nos campagnes avec des gens compétents ! Il y a tellement d’argent investi dans nos exploitations que si elles ne tournent plus mais c'est la catastrophe !" estime François Morice. Une situation qu'ils ont évitée, l'année dernière, au début du mois de juin.

 

3 associés, 2 accidentés, 3 assurés

"Tout est allé si vite. On était, Marie-Claude et moi, à faire un vêlage. Le petit veau était mal placé. Alors, on le replace et on immobilise la vache derrière une barrière en installant la vêleuse. En une fraction de seconde, la vache s'est dégagée, s'est retournée entraînant la vêleuse qui frappé l'arrière du crâne de Marie Claude, un choc, ! Et puis ma main gauche a été percutée. Ma femme a perdu connaissance, j'ai cru que c'était fini", se remémore l'exploitant âgé de 51 ans. "Nous étions tous les deux par terre, les pompiers, le SAMU, l'hôpital... J'ai eu 3 mois d'arrêt de travail. Marie Claude n'a eu que 10 jours. Elle a encore des séquelles aujourd'hui", regrette l'époux. Très vite, les choses se sont organisées. "Pierre-Yves, notre associé a fait face seul le premier jour, deux de nos quatre enfants l'ont épaulé le week-end et deux remplaçants du Sérémor étaient à pied d’œuvre dès le lundi matin. Tout s'est bien passé au final, je n'ai jamais eu à me plaindre du Sérémor", apprécie François Morice.

 

Claire le Clève

*Une assurance négociée collectivement par Seremor auprès de Groupama

 

 

 

La crise n'efface pas l'accident

22 000 jours d'intervention en 2015. "Malgré la crise, les accidents sont toujours présents et l'activité est très soutenue", constate Pierre-Yves Le Bozec, président du Sérémor, service de remplacement morbihannais dont l'utilité ne se dément pas, 25 ans après sa création. "On remplace d'autant plus que les charges de travail sont plus importantes, de même que les outils", enchaîne Sophie Jamois directrice. Le contrat d’assurance collective permettant la prise en charge d’une majeure partie du coût de remplacement en est d’autant plus sollicité. "Parce que nous sommes convaincus de l’intérêt de l’assurance mutualisée comme outil de protection pour le plus grand nombre, nous voulons maintenir un niveau de garantie élevé en cas d’accident, maladie, décès. Par contre nous pratiquons aussi une politique de maîtrise des charges et les tarifs de journées restent inchangés pour 2016.", précise Pierre -Yves éleveur laitier à Lanester. Ce système de remplacement, basé sur la solidarité départementale, se traduit également par la mobilité des 110 salariés (équivalent temps plein) pour faire face aux besoins.

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