Terra 21 janvier 2016 à 11h00 | Par Terra

"Résignation" : ce mot n’est pas dans mon manuel syndical

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Didier Lucas 
Président de la FDSEA 22
Didier Lucas Président de la FDSEA 22 - © Terra

Je n’ai pas l’habitude de m’attarder sur les vieilles histoires. Pour autant, il est nécessaire de bien mesurer le bilan syndical de l’année 2015, et ne pas perdre trop vite la mémoire.Pour beaucoup d'entre nous, l’année passée a laissé un goût amer, un sentiment de déception, tant les besoins et les espoirs étaient grands. C’est certain, les résultats ne sont pas suffisants.Sur le terrain, autour de nous, on parle souvent de résignation. Désolé mais ce mot n’est pas dans mon manuel syndical. Je dirais bien au contraire que nous allons redoubler d’effort et d’énergie. Ce que nous n’avons pas obtenu en 2015, ce qui a été repoussé de six mois, en 2016, nous allons aller le chercher.
Si l’on revient douze mois en arrière, l’embargo russe, des cours du porc et de la viande bovine déjà très bas, personne n’aurait imaginé le parcours réalisé. Collectivement, et seulement collectivement, cette histoire commune est bien la preuve que l’on peut faire bouger les lignes.
Pour la gestion de l’urgence, les mesures annoncées en septembre ont permis d’accompagner a minima les éleveurs de porcs et de bovins les plus en difficulté. Parmi les mesures, l’année blanche est le dispositif le plus adapté pour dégager au plus grand nombre la trésorerie nécessaire pour passer ce cap, notamment pour les producteurs de lait qui sont maintenant rattrapés par des difficultés de trésorerie. Il faut solliciter votre banque rapidement.
Sur les questions structurelles, l’État doit prendre ses responsabilités, pour assumer notre modèle social, revoir en profondeur la fiscalité agricole et compenser l’écart de compétitivité avec les autres pays européens. Le combat syndical autour du "manger français" va également se poursuivre pour faire respecter notre travail, toutes productions confondues : respect d’un prix équitable au producteur, reconnaissance de la qualité "origine France", respect de la transparence sur la répartition des marges tout au long des filières.
L’État, la transformation, la distribution, le consommateur… en 2016, personne ne sera oublié. C’est notre modèle d’exploitation, à capital familial, qui est en jeu.
Nous saurons le défendre, avec toute notre énergie, avec nos tripes. Le syndicalisme ne cèdera pas.

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