Terra 10 mars 2016 à 08h00 | Par Jean Dubé

Revaloriser la présence sur le territoire, terreau et support de projets

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Laurent Kerlir, Président de la chambre d’agriculture du Morbihan
Laurent Kerlir, Président de la chambre d’agriculture du Morbihan - © Terra

La réforme de l'organisation de l'État n'a pas modifié que les frontières régionales. Elle a commencé à redessiner la répartition des tâches entre les acteurs territoriaux. La loi Notre a confié aux Régions un certain nombre de compétences qui étaient, jusque là, du ressort de l'État, notamment en matière de gestion des budgets européens. Le conseil régional se voit renforcé comme organe stratégique des politiques publiques des collectivités, en matière d'économie, d'aménagement de l'espace et d'environnement.

D'autres compétences, régionales ou départementales, en termes d'économie, d'environnement, de territoire pourront demain être "rétrocédées" par la Région par convention aux EPCI (établissements publics de coopération intercommunaux), agglomérations et autres communautés de communes. Ces EPCI deviennent des acteurs essentiels, leur nombre va diminuer passant de 100 à 60 à l'échelle bretonne au 1er janvier 2017. La mutualisation entre les communes devrait s'en trouver renforcée.

Je vous l'accorde, nous sommes, malgré tout, très loin de la simplification du mille-feuille territorial à la française ! Et je ne suis pas persuadé que nous y parviendrons à court terme !

Pour autant, de nouvelles procédures, de nouveaux acteurs apparaissent et, je pense, … de nouvelles opportunités.

L'agriculture se doit d'être présente sur ces questions, qui sont lourdes de conséquences. Si le monde agricole sait s'organiser pour y prendre la parole, construire une vision partagée, il aura alors dans les mains de véritables leviers à actionner au travers de cette nouvelle organisation des collectivités.

Une seule illustration : je suis persuadé qu'en étant présents localement sur leur territoires, les agriculteurs pourront faire partager, dans l'esprit du "manger français", leur attente d'une valorisation, d'une consommation locale de leur production, circuits courts et circuits longs permettant de trouver demain une valeur ajoutée. Celle-ci ne sera pas que financière. Elle permet de positionner cette entité territoriale comme productrice de valeurs, source de solutions, de solidarités, de proximité, d'économie, d'emplois.

Être présents, c'est se donner la possibilité de faire comprendre nos enjeux, nos difficultés, mais aussi d'identifier des opportunités de nos territoires. Les solutions sont quelquefois à notre porte, voilà pourquoi les chambres d'agriculture restent persuadées de la nécessité de maintenir une présence et une représentation des agriculteurs, aux échelons pertinents de chaque territoire.

Les chambres consulaires ont commencé à redéfinir les échelons sur lesquels elles concentrent leurs actions. Chacun peut comprendre aujourd'hui que les agriculteurs aient les yeux tournés vers Paris ou Bruxelles pour chercher des remèdes à leurs maux. Mais je veux l'affirmer avec force, des solutions et des échelons de décisions sont à portée de mains, à nous - aussi - de ne pas oublier nos territoires.

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