Terra 11 juin 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

Sdage : la FDSEA dénonce des objectifs inatteignables

Le projet de Sdage, schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux, est soumis à consultation du public jusqu'au 18 juin. Pour faire entendre sa voix, la FDSEA a organisé quatre réunions d'arrondissement et rédigé autant de contributions.

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Charline Alenda, chargée de mission environnement à la FDSEA, et Jean-Alain Divanach, membre du Bureau de la FDSEA, en charge de l'environnement.
Charline Alenda, chargée de mission environnement à la FDSEA, et Jean-Alain Divanach, membre du Bureau de la FDSEA, en charge de l'environnement. - © Chantal Pape

"Prévu sur 2016-2020, le Sdage va nous impacter pour longtemps". Responsable environnement à la FDSEA, Jean-Alain Divanach a ouvert les réunions en présentant le projet de Sdage, schéma directeur d'aménagement et de gestion de l'eau, actuellement soumis à consultation. "La chambre d'agriculture du Finistère a émis un avis défavorable".

 

A chaque territoire ses enjeux

 

Mais, pour faire entendre sa voix, la profession agricole entend faire feu de tout bois car, une fois le Sdage adopté, il reviendra à chaque Clé, commission locale de l'eau, au sein des dix Sage que compte le département, de décliner le programme d'action. "Et là, il n'y a plus qu'un agriculteur ou deux sur la quarantaine de votants". Après avoir sensibilisé les collectivités locales, la FDSEA a donc décidé d'organiser des réunions d'arrondissement à destination de ses responsables locaux. Et, le temps d'une soirée, chaque secteur du département a ainsi pu prendre connaissance du contenu du Sdage, avant de rédiger une contribution prenant en compte les enjeux de chaque territoire.

 

La FDSEA a organisé quatre réunions d'arrondissement pour présenter le projet de Sdage à ses responsables locaux. Ici à Brest, le 8 juin dernier.
La FDSEA a organisé quatre réunions d'arrondissement pour présenter le projet de Sdage à ses responsables locaux. Ici à Brest, le 8 juin dernier. - © Chantal Pape

Un fort risque de contentieux

 

"Le Sdage se fixe pour objectif de parvenir à un bon état écologique pour 69% des masses d'eau à l'horizon 2020", détaille Charline Alenda, chargée de mission environnement à la FDSEA. Un objectif qui ne parait pas insurmontable en Finistère où en 2011, date du dernier état des lieux, on en était déjà à 56%. "Mais il y a une forte hétérogénéité dans les quatre département bretons. Et c'est la moyenne qui va être prise en compte".

Et la FDSEA de dénoncer les critères retenus. "Par exemple, en Ille et Vilaine, c'est la morphologie des cours d'eau qui dégrade leur note. Mais, sauf à engager des travaux pharaoniques, on ne va pas pouvoir faire grand-chose pour améliorer ce critère". D'où l'impression d'un objectif inatteignable, comme l'est le seuil des 11,5 mg de nitrates, "un seuil franco-français, arbitraire, sans aucune étude pour démontrer sa réelle pertinence" mais qui "suppose la réduction de la pression démographique, agricole et industrielle sur les milieux". Et, à se fixer des objectifs trop ambitieux, la France s'exposerait à un risque de contentieux avec l'Union européenne pour non respect de ses engagements, avec de lourdes amendes à la clé.

 

Nouveaux zonages, nouvelles contraintes

 

Décliné en 14 chapitres, le projet de Sdage mobilisera pas moins de 2,7 milliards d'euros, dont 23% financeront les actions agricoles, loin derrière les 30% consacrés à l'assainissement collectif. De nouveaux zonages apparaissent, avec une forte augmentation des captages prioritaires et la prise en compte de 12 nouveaux bassins versants concernés par des algues vertes sur vasières. "Ce sera encore de nouvelles contraintes, dénonce Jean-Alain Divanach, qui pointe un risque de démobilisation des agriculteurs. Il faut que soient pris en compte les efforts que nous avons déjà réalisé, sur la réduction des flux d'azote, la protection des sols contre l'érosion, les phytos...".

"Il faut être en veille, prévient Charline Alenda. Et s'assurer que les mesures prises répondent bien à un objectif d'amélioration de l'état des masses d'eau". Et de citer l'exemple des têtes de bassin versant, qui font leur apparition dans le projet de Sdage. "Inutile d'y ajouter de nouvelles contraintes si la qualité de l'eau est déjà au rendez-vous".

 

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