Terra 09 octobre 2015 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Section porcine FDSEA/JA : l'heure des explications et de la re-mobilisation

Comment repartir en actions syndicales, quelles solutions trouver pour sortir les éleveurs de la crise, après la demande d'arrêt du prix à 1,40 € par l'union des groupements. Une situation compliquée, difficile qui n'a pas empêché un retour des actions samedi dernier dans les magasins briochins.

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Quelles solutions pour sortir les éleveurs de la crise, après la demande d'arrêt du prix à 1,40€ ?
Quelles solutions pour sortir les éleveurs de la crise, après la demande d'arrêt du prix à 1,40€ ? - © terra

Les producteurs de porcs sont repartis en action samedi dernier à Saint-Brieuc. Cette décision a été prise en réunion de section syndicale FDSEA/JA, jeudi 1er octobre à Plérin. L'heure était aux explications et à la remobilisation des troupes. Après des mois et des mois d'actions syndicales, le coup de massue est énorme depuis l'arrêt de la "cale à 1,40", souhaité par les groupements de producteurs. Lundi dernier, le prix au cadran était retombé bas à 1,30 €.
L'heure des comptes
Dans la salle, il n'y avait qu'un représentant de groupement de producteurs, Bernard Rouxel, vice-président de la Cooperl. Des échanges vifs ont fusé. "Il y avait deux entreprises capables de payer 1,40 €. On aurait pu mutualiser votre perte et laisser JPA et Kermené payer 1,40 €", s'est insurgé Didier Lucas, président de la FDSEA, à l'intention du responsable du groupement. "Ne pas avoir adapté le marché au cadran, c'est l'erreur", clame Jean-Jacques René, élu de la chambre d'agriculture."Avec les 1,40 €, il fallait bosser à côté", lance Carole Joliff, présidente de la section porc.
Pour Bernard Rouxel, les pertes étaient trop importantes. "Nous avons perdu 15 millions € à cause du prix à 1,40 €", annonce-t-il, soulignant que le problème vient non pas de l'export, mais du marché intérieur. "Nous avons 20-25 % de marché intérieur à récupérer. Le marché export nous sert de dégagement", explique le représentant de la Cooperl.
Trouver des solutions
"Les conneries sont faites, que fait-on maintenant ?", demande un éleveur. Où trouver une porte de sortie quand tout semble bloqué ? "L'Espagne et l'Allemagne ont su protéger leur marché intérieur. Collectivement, il faut imaginer quelque chose pour rapporter de la valeur ajoutée à l'éleveur !", résume Guy Corbel de la section porcine. En Allemagne de plus, "65 millions sont reversés de la grande distribution aux éleveurs, parce que le consommateur paie un peu plus", note Carole Joliff. Parvenir à mettre sur pied la même chose, avec un cahier des charges QT (qualité traçabilité) identique au QS allemand permettrait de mieux protéger le marché français. "Sur le sujet, la commission traçabilité est vérouillée", souligne encore Carole Joliff.
Par ailleurs, le projet de fonds structurel, défendu par la FNP, alimenté par la distribution à l'image de l'Allemagne, serait abandonné. Dans une filière en proie aux dissensions, où chacun reporte la faute sur l'autre, "nous ne sommes plus dans un état de construction", note un éleveur. A Plérin, jeudi 1er octobre, il n'était pas question de baisser les bras face à l'adversité. Contractualisation, mutualisation, mention d'origine..., "il faut faire des propositions, des expertises !", a lancé Guy Corbel. Samedi, ils étaient une vingtaine à repartir à l'assaut des grandes marques de salaisonnerie, tagger les emballages contenant du porc étranger.

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