Terra 10 novembre 2017 à 08h00 | Par Chantal Pape

TCS et semis direct pour gagner du temps

Pour gagner du temps au moment de l'implantation des cultures, les agriculteurs sont nombreux à se poser la question des TCS ou du semis direct. Pour répondre à leurs interrogations, la chambre d'agriculture du Finistère et les comités de développement de Brest et Morlaix ont organisé une rencontre Bout de champ à Lanhouarneau.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Un unique passage de déchaumeur après un ensilage de maïs réalisé dans de bonnes conditions... © Chantal Pape ... et aussitôt l'orge est semé © Chantal Pape Le semis direct nécessite un seul passage : les disques coupent la végétation et un sillon est ouvert pour déposer la graine, avant d'être aussitôt refermé. © Chantal Pape Contrairement au TCS, les cannes de maïs restent debout. © Chantal Pape

 

"Je peux déchaumer deux hectares à l'heure, contre un hectare seulement pour le labour". Producteur de lait à Plounévez Lochrist avec son épouse, c'est avant tout le gain de temps qui a poussé Jean-Marc Le Vourch à opter pour les TCS, les techniques culturales simplifiées. Mais pas question pour autant de vendre la charrue. "Quand je casse une pâture, je laboure, explique l'éleveur. Si j'implante des céréales après maïs grain, je laboure aussi".

 

Oser se lancer

 

Pour se faire une idée sur l'intérêt de ces TCS, rien de tel que d'essayer ! "Après un ensilage de maïs récolté dans de bonnes conditions, indique Jean-Philippe Turlin, conseiller à la chambre d'agriculture du Finistère. Et si vous êtes frileux, pourquoi ne pas tester juste sur une largeur de pulvérisateur, histoire de pouvoir comparer les deux méthodes ?" Le conseiller à la chambre d'agriculture du Finistère et animateur du groupe TCS l'affirme, essais à l'appui, "les résultats sont identiques. Et on use nettement moins de matériel".

Un passage de Canadien, de cover crop... pas besoin d'équipement coûteux. "J'utilise aussi un griffon, acheté sur Le bon coin", indique Jean-Marc Le Vourch. Pour gagner encore plus de temps, on peut aussi envisager un Canadien à l'avant du tracteur, une herse et un semoir à l'arrière, "ce qui ne demande pas énormément de puissance de traction", assure Jean-Philippe Turlin.

 

Récolter dans de bonnes conditions

 

Mais pour obtenir des résultats satisfaisants, il faut respecter un certain nombre de conditions. "2-3 jours sans pluie", énumère le conseiller. Et savoir "se gendarmer" au moment de l'ensilage ! "Certes, le jour est fixé longtemps à l'avance avec l'ETA ou la Cuma... Mais si on veut pratiquer les TCS, il faut récolter en conditions sèches. Sinon, un coup de charrue ou d'outils à dents s'imposera pour reprendre la terre".

Les conditions sont un peu limite ? "On peut passer le déchaumeur et attendre un peu, le temps que la terre sèche. On peut aussi semer en techniques simplifiées le champ et labourer les bords". Et si les TCS s'accommodent de tous types de sol, "commencez par les plus faciles, pour vous faire la main", conseille Jean-Philippe Turlin.

 

Méteil en intercultures

 

Producteur de lait à Plabennec, en Gaec avec ses deux frères, Jacques Abily est un adepte des TCS depuis des années. "Nous voulions préserver nos sols. Et notre premier semis sous couvert date d'une bonne vingtaine d'années". Voilà deux ans, du matériel à changer les incite à passer au semis direct, avec l'achat d'un semoir. "En individuel car, même si nous avons 100 ha d'herbe sur nos 155 ha de SAU, le semoir est utilisé sur 80 à 90 ha/an, certaines parcelles étant semées 3 fois/an, en incluant les intercultures". Et, après un an de fonctionnement, il vient de s'équiper d'une barre de guidage. "On avait parfois du mal à voir où on était passés".

Depuis quelques années, le méteil a fait son apparition sur l'exploitation. Implanté entre deux maïs ou entre une céréale et un maïs, il est destiné aux laitières. Et le semis direct simplifie la vie des agriculteurs. "Il nous faut 5 jours de beau temps pour la récolte. Cette année, elle a eu lieu le 23 mai et le 27 mai, tous nos maïs étaient semés". Une pratique qui oblige les trois frères à choisir des indices adaptés à ce semis tardif. "Le maïs me parait moins haut, indique Jacques Abily. Mais les épis rattrapent. Et je réalise 12-13 t de MS/ha, en ayant récolté un méteil avant".

Avec cette technique, les céréales doivent être semées 8 à 15 jours plus tôt, la végétation démarrant moins vite. Et le désherbage devra être plus précoce. "On a beaucoup moins de cailloux à ramasser, apprécie Jacques Abily. Et désormais, on regarde bien plus notre sol".

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui